14 ESPRIT DU CODE NAPOLÉON. Liv. Le Tir. V.
semble faire dépendre leur bonheur d'une suite d’évé-:
nemens incertains, dont le résultat se présente à l'esprit comme le fruit d’une bénédiction particulière. C'est
dans de telles occurrences que nos espérances et nos
craintes ont toujours appelé les secours de la religion, établie entré le ciel et la terre pour combler l'espace immense qui les sépare » (1).
Mais la religion ne forme ni le contrat naturel ni le contrat civil; elle se borne à les bénir. « Elle se glorifie ellè-même d’avoir été donnée aux hommes,
_non pour changer l'ordre de la nature » (2 }, ni l'ordre.
dé la société, « mais pour les ennoblir et pour les sanctifier » (3).
Il a existé des temps où l’on n’avoit pas des notions aussi précises relativement à l'influence de Îa religion sur le mariage; et c'est alors qu'est née l'idée que c’étoit un contrat purement ecclésiastique.
Cette erreur ne doit être imputée qu’à la forme de la législation d'alors. « Sous l’ancien régime, les institutions civiles et les institutions religieuses étoient intimement unies. Les magistrats instruits reconnois- soient qu’elles pouvoïent être séparées ; ils avoient de- mandé que l'état civil des hommes füt indépendant du culte qu'ils professoient. Ce changement rencontroit
{1) M. Portalis, Exposé Fa motifs, Procès-verbal du 19 ventôse an 11, tome Il, page sos et So6.—(2) Ibid, , page ÿo6.— (3) Ibid.
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