12 ESPRIT DU CODE NAPOLÉON. Liv. Let Far. V.
Mais la nature avoit-elle tout fait, et la loï civite
n'avoit-elle plus rien à faire !
Qu'on prenne garde que « les familles sont la pé- pinièré de l'État, et que c'est le mariage qui forme les familles » {1}; et lon sentira toute l’importance
qu'a ce contrat dans nos sociétés politiques. 1 faut se
rappeler également que les lois et les institutions na- turelles, du moins tant qu’elles demeurent dans leur forme primitive, ne peuvent s'adapter exactement à
Fétat de civilisation *, et l'on concevra « qu’il étoit
impossible d'abandonner le mariage à la licence des passions. Les animaux sont conduits par une sorte de fatalité ; l'instinct les pousse , l'instinct les arrête : leurs desirs naïssent de leurs besoins , et le terme de leurs. besoins devient celui de leurs desirs. Il n’en est pas ainsi des hommes; chez eux limagination parle quand la nature se tait. La raison et la vertu qui font et assurent a dignité de l’homme, en lui laissant le droit de rester libre, et en lui ménageant fe pouvoir de se commander à lui-même, n'opposeroïent souvent que de bien foibles barrières à des desirs inmodérés. et à des passions sans mesure. Ne craïgnons pas de le dire : si dans des choses sur fesquelles nos sens peuvent
(1) M. Portalis, Exposé des motifs, Procès-verbal du 19 ventêse an 11, tome Î1, page fo}.
* Voyez tome 1,°r, Introduction ; pages 44 et suiv.
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