46 FSPRIT DU CODE CIVII. IurRopucrIon. cependant il lexcuse lorsquil est la suite d'une defense
legitime. Quelle étendue la controverse ne peut-elle
pas donner à cette exception! Ei avec quelle facilitè
on peut ven servir pour ruiner je prẽcepte! Na-on
pas vu enseigner qu'il est permis de tuer pour con-
server un écu, une pomme, enfin les choses de la plus
petite valeur!
Enfin, il est des matières entièrement arbitraires, que Tintẽrèt de la vocietè a fait inventer. Telle est ja prescription, qui, tout en paroissant hlesser le droit de propriétè, Iassure au contraire, en le mettant, après un temps, à l''abri de la chicane; telle est ja matière des successions, qui, en perpetuant les fa- milles, perpétue P'ordre social; qui, en donnant aux pères Pintérèt et le desir d'augmenter leur fortune, anime en eux l'industrie, et la fait tourmer au profit de la Republique.
A mesure que T'espece humaine s'est multipliee, que la decouverte des arts, les progrès de la civilisa- tion, ont plus diversifié les rapporits et compliqus davantage les intérèts, le droit naturel, dans sa sim- plicitè, est devenu encore plus insuffisant et le droit positif᷑ encore plus necessaire.
1l a donc fallu des lois positives pour fixer les con- scquences des lois naturelles, et pour régler les ma- tieres arbitraires que Pintérét de la societé a forcè
d'introduire.


