10 ESPRIT DU CODE NAPOLÉON, Liv. Le Tir, V.
:» Le desir général qui porte un sexe vers lautre et qui suffit pour opérer leur rapprochement, appar- tient à l'ordre physique de [a nature. Le choix, la pré- férence, l'attachement personnel, qui déterminent ce desir et le fixent sur un seul objet, ou qui du moins lui donnent sur cet objet préféré un plus haut degré d'énergie ; les égards mutuels, les devoirs et les obli- gations réciproques qui naïssent de Punion une fois formée, et qui s’établissent nécessairement entre des êtres capables de sentiment et de raison : tout cela est de l'empire du droit naturel.
» Les animaux, qui ne cédent qu’à un mouvement où à un nstinct aveugle, n’ont que des rapprochemens fortuits ou périodiques, dénués de toute moralité. Maïs chez les hommes, la raison se mêle toujours plus ou moins à tous les actes de leur vie; le sentiment est à côté du desir, et le droit succède à Pinstinct. On découvre un véritable contrat dans l’union des deux sexes » (1).
« Le mariage n’est pas non plus un contrat pure- ment civil : il a son principe dans la nature qui a daigné nous associer en ce point au grand ouvrage de la création ; ïl est inspiré et souvent commandé par la nature même » (2).
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(1) M. Portalis, Exposé des motifs, procès-verbal du 19 ventôse
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