s26 CONCLUSION DU I. LIVRE
Il falloit, enfin, circonscrire.le pouvoir des Juges, et en même temps lui donner cette latitude, qui est de son essence, et sans laquelle il n'existe point.
Ici, encore, la législation antérieure s'étoit jetée successivement dans les extrêmes. Sous l'ancien ordre de choses, le Juge étoit Législateur: c’étoit trop; malheur au peuple chez qui lautorité qui prononce sur Ja propriété, ne connoît de règles que celles qu’elle se donne(1)! Sous la législation nouvelle, le Juge métoit pas même juge; il n’étoit plus le ministre, il étoit l'instrument passif de la loi: il devoit ouvrir le Code, y chercher l'espèce qui.se présentoit devant lui, ets'ilne la trouvoit pas assez clairement indiquée, il ne lui restoit qu’à refermer le livre, faire taire sa raison, sa conscience; l'équité, Îa loi naturelle, et renvoyer les contendans, sans Jeur rendre justice(2). De là dés abus sans nombre; la timidité du Juge en- couragée; sa paresse favorisée; plus de Tribunaux ni de Magistrats; des dénis de justice forcés et sans nombre(3).
La défense de décider par voie de disposition géné- rale et réglementaire(4), la sage distinction entré l'interprétation législative et l'interprétation de doc-
(x) Foyegtitre préliminaire, tome Ir, pages 218 à 221.—(2) Voyer Introduction, chap. XXXIHI, pages 114 et 115,—(3) Voyez titre P pag 5 S 3 préliminaire, tome.e', pages 204 à 218.—(4) Ibid., page 218,


