14 ESPRIT DU CODE NAPOLÉON.Lav. Lst Tir: VE.
de la jurisprudence, qui sont aussi le dépôt des foiblesses humaines, n’attestent que trop cette triste vérité»(1).# Trop souvent les excès ont été tels
dans l'intérieur des familles, qu’on s’est vu forcé de
permettre la rupture d’unions que ,, dans le droit, on regardoït cependant comme indissolubles$(2).
« Si lon pouvoit raisonnablement espérer, par quelque institution que ce fût, de remédier assez promptement au désordre, pour que Fon n’eût plus besoin du remède; si l’on pouvoit trouver le moyen d’assortir si parfaitement les unions conjugales, d'ms- pirer si fortement aux époux le sentiment et amour de leurs devoirs respectifs, qu’on dût se flatter qu'ils ne s’en écarteront plus dans la suite, et qu'ils ne rendront plus le Législateur témoin de ces scènes atroces, de ces scandales révoltans, qui durent forcer si impérieusement la séparation de deux époux; ah! sans doute, si Pon pouvoit, par quelque loi salutaire, épurer tout-à-coup lespèce humaine, on ne sauroit trop se hâter de donner ce bienfait au monde. Maïs s’il est défendu de concevoir de semblables espérances, si elles ne peuvent naître même dans l'esprit de ceux qui jugent l'humanité avec Ja prévention{a plus indul- gente, il ne reste plus que le choix du remède à
(1) M. Treilhard, Exposé des motifs, Procès-verbal du 19 ven:
tôse an 11, some Îl, pages fo ét SL—(2) Ibid., page 540.


