Druckschrift 
Concordance entre les codes civils étrangers et le code Napoléon : ouvrage contenant le texte des Codes 1° Napoléon, 2° des Deux-Siciles, 3° de la Louisiane, 4° sarde, 5° du canton de Vaud, 6° hollandais, 7° bavarois, 8° autrichien, 9° prussien, 10° suédois, 11° de Berne, 12° de Fribourg, 13° d'Argovie, 14° de Bade, 15° d'Haïti : et les lois hypothécaires de : 1° Suède, 2° Würtemberg, 3° Genève, 4° Fribourg, 5° Saint-Gall, 6° la Grèce / Par Antoine-Ignace Anthoine De Saint-Joseph, juge au tribunal de Ire instance de la Seine
Entstehung
Seite
XXVIII
Einzelbild herunterladen

ae ee em ne

tite Las

XXVIII INTRODUCTION.

auteurs se sont élevés contre la facilité avec laquelle des fraudes se commettent chaque jour au préjudice des créanciers hypothécaires par des propriétaires qui Consentent des usufruits, des antichrèses ou de longs baux, dont ils perçoivent le prix par anticipation, ou qui grèvent la propriété de manière à ne plus présenter quun gage illusoire. Dans presque tous

| les pays étrangers, ces contrats ne peuvent porter préjudice aux créanciers hypothécaires, à moins quils naient été inscrits

sur les registres publics avant leurs créances. Il paraît urgent de changer sur ces deux points la législation du Code civil,

| si lon ne veut pas que le crédit immobilier disparaisse entièrement en France, et que le pays perde ainsi un capital im-

mense à livrer au commerce, capital dont on tire un si grand profit à l'étranger.(1)

va

C'est un des hommes d'état les plus remarquables de notre époque, Casimir Périer, qui a reconnu le premier

| avec sa haute sagacité, le tort immense que la législation hypothécaire qui nous régit fait éprouver à la circulation en

général.

M. Troplong(Préf., p. 32 et suiv.) pense, 1° que les défauts du Code civil nont pas autant d'importance quon la pré- tendu; et® que les suites dune législation défectueuse sur les hypothèques ne sont pas aussi graves que la pensé Casimir Périer. Quant au premier point, il est parfaitement vrai que les systèmes absolus des Codes Allemands, Hollan- dais, etc., offrent des avantages considérables, mais quils sont inadmissibles en France, à moins quon ne veuille reviser entièrement le Code civil, cest-à-dire, les mœurs de la nation. La manière dont les tutelles et les contrats de mariage y sont réglés exclut ce mode général d'inscription. Mais il nest pas moins exact de dire que Casimir Périer à bien apprécié les inconvéniens financiers qui résultent du système hypothécaire français; car cette fièvre industrielle, cet entraînement des jeux de bourse sur les fonds publies, qui attirent et dévorent tous les jours tant de Capitaux, auraient des effets moins mul- tipliés, si létat de la législation ninspirait des inquiétudes, souvent trop réelles, sur la sûreté des prêts hypothécaires, et nen détournait ainsi les capitaux, qui vont alors courir des chances le plus souvent déplorables.

Ce qui se passe en Prusse à ce sujet, prouve à quel point Casimir Périer avait bien su juger et avait fait acte de bon citoyen en proposant un prix pour la production du meilleur Système hypothécaire en France. Les entreprises commerciales et industrielles sont en grande faveur dans ce pays, surtout depuis létablissement de lunion des douanes allemandes, et cependant l'intérêt des prêts sur hypothèques ne s'élève pas au-dessus de 3 ou 3 4/2 p. 0/0. Et quon ne dise pas que les emprunteurs sur hypothèques sont en général des propriétaires ruinés, qui nont plus aucun crédit personnel; car ce serait se former ses idées uniquement sur létat actuel de la France; et, en effet, si lon trouvait facilement de Pargent sur hypothèque à un taux peu élevé, tout propriétaire actif emploierait ce moyen pour augmenter son Capital industriel. Cette habitude d'engager des immeubles est devenue si générale en Allemagne, que des auteurs ont craint quelle ne fit disparaître tout crédit personnel(2). Pourra-t-on objecter encore quil narrivera jamais quun simple propriétaire soit aussi solvable que lÉtat placé dans une situation paisible, et que le crédit dun seul puisse valoir le crédit de tous? Mais l'expérience nous paraît prouver le contraire: en France tout banquier bien établi emprunte à meilleur marché que lÉtat, et dans les pays il y a un bon système hypothécaire, les placemens sur immeubles produisent un intérêt moindre que l'achat des rentes sur lÉtat; ce qui prouve qu'on les croit plus sûrs.

I est certain que si le crédit est ébranlé, si les émeutes ou les révolution viennent encore nous épouvanier, les capitaux se réfugieront sur les immeubles. Mais il sopèrera alors un changement brusque, funeste à tous les intérêts, et de nature à produire une perturbation générale, que Casimir Périer cherchait précisément a prévenir, lui qui voulait la stabilité et une marche progressive, mais lente et sage, en industrie comme en politique. Il avait bien vu que la disproportion qui existe en France entre l'intérêt dans les emprunts sur immeuble: et celui que présentent les autres opérations, entrave le commerce et empêche toute amélioration de la culture du sol, si les capitaux ne se trouvent pas entre les mains des grands proprié- taires.

Il ÿ a donc sur ce point de grands changémens à opérer dans notre Système hypothécaire, si, lon veut, pour rappeler la con- fiance publique, écarter les nombreux dangers auxquels lemprunteur est exposé. M. Troplong propose dans la préface de son bel ouvrage sur les hypothèques des améliorationsà introduire; dautres jurisconsultes y ajoutent encore le résultat de leurs médita-

(1) Nous recommandons l'examen dun mémoire intéressant, lu à l'Académie des sciences morales et politiques en juillet 1839, par M. Wolowski. Il fait sentir tous les avantages de la mobilisation du crédit foncier, et trace des règles propres à la rendre exécutable en France. Mais les vices de nos lois sur les hypothèques et sur lexpropriation forcée, la grande division des propriétés territoriales et la nécessité de l'intervention de l'État, comme garantie, sont des obstacles(il est douloureux de lavouer) que la science seule ne pourra donner le moyen de franchir.

(2) Eichhorn, Manuel du droit germanique, page 511.

tions ques| la pre No Gode lepr de di légis elle ak pub tés

(1 Le (?) Thé (3) 184, 1895, Bellot CDs tail gran La de la de loi se pr verbat Yoi

9e

30 leme b] ässure do( Suiyan (I D] 1e (Proj bI Le sys (1 Vas à peli M