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Économie de lʹagriculture / Le baron E. V. B. Crud
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ÉCONOMIE DE L'AGRICULTURE. 33 ajoute de l'intérêt à tout ce qu'il fait, le relève à ses propres yeux,ét pourrait, à elle seule, le faire résister à la tentation dun gain illicite.

Je suis tellement partisan de ce principe, que je voudrais intéresser de Ja même manière, au succès de l'exploitation, tous ses principaux employés, les maîlre- ouvriers, et jusqu'aux premiers et plus anciens valets. De ceue manière tous envisageraient le succès de lexploitation comme plus ou moins leur propre affaire.

J'ai moi-même essayé d'employer cette méthode dans mes terres de la Romagne et du Bolonais, et je me propose de lui donner une extension encore plus grande.

Parmi les différents moyens que le directeur peut avoir dintéresser les va- lets au succès de l'exploitation, je pense qu'il se trouvera à merveille de tenir, avec eux, et presque chaque jour, une sorte de conseil consultatif, il sétablisse une discussion sur les travaux faits et sur ceux quon doit faire. Non-seulement cette méthode relève les valets à leurs propres yeux; mais encore elle développe, dans leur esprit, le mouf et le but de chaque opé- ration; elle détruit leurs préjugés et leur résistance; elle les attache à lex- ploitation, et les intéresse à ses résultats. Peut-être aussi contribue-t-elle à

une certaine harmonie entre les diverses parties de lensemble,

Dans de telles réunions, le directeur doit, non-seulement supporter, mais encore provoquer, une franchisse absolue, pourvu quelle ne sécarte pas des bornes de la convenance, et quelle ne porte pas atteinte à la subordination.

Il faut que les individus appelés à ce conseil, y épuisent leur esprit de con- tradiction; hors de, il ne faut tolérer chez eux aucune critique de ce qui

a été ordonné: surtout il ne faut pas hésiter de renvoyer tout individu qui, sétant tu dans la délibération, se permettrait, dans les conversations avec

ses camarades, de critiquer les ordres qui auraient été donnés.

Du reste, lon conçoit que, après la diseussion, ce doit toujours être au di- recteur à prononcer sur le parti quon doit prendre, et que, hors du conseil, ce Directeur doit être aussi décidé dans son commandement et résolu dans la manière de se faire obéir, que, il avait été empressé à rechercher les opi- nions de tous les individus dont il était entouré.

Dans la saison des grands jours, il conviendra que le conseil se tienne pen- dant le repas le plus grand nombre d'employés sont réunis. Cette délibéra- uon nempêche en aucune manière les valets de satisfaire leur appétit; au con- taire, si le directeur a un peu de savoir-faire et sait mettre un peu de bonne

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