ÉCONOMIE DE L'AGRICULTURE. 31
dans plusieurs pays, j'ai vu les culuivateurs se plaindre de leurs ouvrieres sous ces rapports, et, souvent, trouver plus économique de leur substituer des hommes, malgré le haut prix de leur journée.
GrIe
C’est une des parties les plus essentielles de l’économie agricole, que sa combinaison avec le nombre d'ouvriers qu'on a à sa disposition, et la re- cherche des moyens de se procurer des journaliers, dans la quantité dont on a habituellement besoin, en leur procurant de l'emploi pour toute l’année. Dans les environs des villes, le cultivateur n’a aucun souci à cet égard; là il a, presque toujours, la facilité de se procurer, au moment du besoin, les ouvriers qui lui sont nécessaires, pour les renvoyer ensuite, lorsqu'ils cessent de lui être utiles: mais il en est tout autrement dans des contrées peu habi- ices; là ce n’est souvent qu'avec beaucoup de peine, et après avoir construit des habitations pour loger des familles de journaliers, qu'il peut s’assurer du nombre de bras dont il a besoin.
J'ai connu un propriétaire qui, pour cultiver 200 journaux, tenait, toute l’année, seize à dix-huit domestiques, tant hommes que femmes, dont chacun, lun dans l’autre, lui coûtait plus de 5oo francs. Ce cultivateur s’étonnait de ce que son domaine ne lui donnait pas de rente, et me demandait de lui ex- pliquer ce phénomène. J'avais bien plus besoin d'apprendre de lui comment, avec le laissez aller qu’une telle manière d’administrer supposait, son domaine pouvait nourrir tant de gens et fournir à leur salaire.
Une exploitation rustique n’est autre chose qu’une fabrique de denrées; il faut donc chercher, comme dans les manufactures, à y introduire la plus sévère économie dans toutes les parties; chercher à y exécuter toutes choses avec le moindre nombre de bras, avec le plus de promptitude, et avec les moyens les moins coûteux qui soient possibles, sans cependant négliger la bonté de l’ouvrage. C’est pour avoir négligé ce but, ou pour ne l'avoir pas su atteindre, que tant de cultüvateurs sont allés à leur ruine. Dans des opé- rations dont les frais s'élèvent souvent à deux ou trois fois plus que le produit net qu'elles doivent laisser après elles, il est facile de concevoir que le plus léger écart absorde ce produit net. C’est ainsi que, dans l’exemple que jai cité en parlant du travail de l’attelage, si aux T 75, o9 de labours, j'ajoute
2 pour semailles,
1 77, oga reporter.
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