30 ÉCONOMIE DE L'AGRICULTURE.
et les revendre ensuite. Sans doute, alors ils retirent de ces bêtes un prix
supérieur à ce qu’ils en ont payé; mais la nourriture qu’elles ont consumée, les” soins qu’elles ont exigés, et l’exiguité du travail qu’on en a obtenu, absorbent! beaucoup plus que ce prétendu gain sur lequel on avait compté. Ce genre de
spéculation ne peut convenir que dans des localités où l’on a, en abondance et: à bas prix, des fourrages qui ne peuvent pas convenir à des bêtes de rente,
et où l’on na pas de grands travaux à exécuter. Partout ailleurs, il convien-
dra au cultivateur d'employer du bétail adulte, fort et vigoureux, et lors-
qu'il l'aura habitué à son genre d'exploitation, de le conserver aussi long-temps que cela lui sera possible.
D’autres cultivateurs, ayant du bétail à réformer, le tiennent à l’engrais pour le vendre ensuite avec plus d'avantage.{l est rare que cet engraissement ne coûte pas beaucoup plus que le moutant de la différence qu'il y a entre ce qu’on eût rétiré des bêtes en les vendant de suite, et le prix qu’on en obtient après l’engraissement, même en comprenant, dans cette différence, la valeur du fumier qu’on a obtenu des bêtes engraissées.
J'ai eu bien des mécomptes de ce genre, et j'ai vu des cultivateurs en avoir d'énormes. Il est rare que, dans les grandes exploitations rustiques, 1l
convienne réellement de se livrer à lengraissement des bêtes à cornes. V'alets et journaliers.
Presque partout la journée d’un valet coûte un tiers, souvent une moitié plus que celle d’un journalier. Il importe donc de ne tenir de ceux- là que pour les choses qui ne peuvent pas être faites par ceux-ci.
Il ny a peut-être aucune position où il soit avantageux de tenir des ser- vantes pour exécuter des travaux de culture proprement dits; à peine peut-on employer utilement les femmes dans la campagne pendant six ou sept mois de l’année; pendant les cinq ou six autres, on cherche en vain à leur don- ner un emploi profitable; le déficit sur le produit de leur travail, durant cette partie de l’année, qui doit alors être réparti sur les journées d'été, élève celles-ci à un taux tout-à-fait disproportionné à la valeur du travail que ces servantes opèrent. En revanche, comme journaliers, les femmes peuvent être employées avec avantage à beaucoup de travaux, pourvu qu’elles veuillent réellement y apporter de l’attention et du zèle; malheureusement;


