26 ÉCONOMIE DE L'AGRICULTURE.
“Si, d’an jour à l’autre, on pouvait se procurer le nombre et le genre d'ouvriers et de bêtes de trait dont on a besoin; si on les obtenait à bon prix; si, en- suite, on ne devait pas les occuper durant les mauvais temps et la saison morte pour les avoir pendant le beau temps; tout serait facile, ou du moins ne pré- senterait plus que des difficultés du second ordre. Mais il est rare que le cul- tivateur jouisse d’un tel avantage; tout au contraire, 1l a besoin de concentrer toutes ses ficultés pour lutter, avec quelque succès, contre ces disproportions qui se présentent sans cesse à lui. Cest là, sans aucun doute, la principale source de ces mécomptes qui ne sont que trop fréquents dans la carrière agricole.
Vouloir qu’un homme borué surmonte ces difficultés, c’est demander l’im- ÿ possible; il n’est bon qu’à suivre une routine toute tracée, et il faut admirer sous ce rapport la sagesse divine, qui, le plus souvent, inspire aux hommes de cette trempe une aversion réelle contre tout ce qui est nouveau. Incapables de cette tension d'esprit qu’exigent de nouvelles combinaisons, 1ls abhorrent ces combinaisons elles-mêmes, et se sauvent, ainsi, des fautes dans lesquelles ils pourraient tomber en faisant des applications vicieuses,
Je demande pardon aux hommes d'État, si j'ose avancer ici qu'il est peut- être moins difficile d'organiser le Gouvernement d'un pays, qu’une Économie rurale parfaite. Celle-ci exige des talents plus distingués et une fermeté de caractère plus grande. Pour le premier on trouve sur ses pas Îles hommes les plus intelligents, les plus dévoués; pour la seconde, au contraire, il faut tout tirer de son propre fonds, et agir par le moyen d'instruments qui, presque tous, ont une tendance contraire à celle qu’on voudrait leur donner; il faut vaincre les préjugés et obtenir de grands résultats avec de chétives ressources; il ne faut pas se borner à satisfaire aux besoins de la population, souvent il faut savoir proportionner la population au besoin; il ne suffit pas de corriger les fautes, il faut les éviter, les prévenir, parce qu’une seule peut souvent ôter les
moyens de continuer l’entreprise.
Travail des Attelages.
fc 32,
À la suite d’une prolongation d'expérience, je confirme ici ce que, dans la note jointe au$. 166 des Principes raisonnés d'Agriculture de Thaer, jai dit sur la convenance qu'il ya, en général, àemployer des chevaux plutôt que des bœufs; j’observe seulement que les bœufs des races du midi mont paru consommer


