ÉCONOMIE DE L'AGRICULTURE. 19 du capital des bêtes, ou en paie l'intérêt; le bénéfice et la perte sur ce capital se partagent par moitié entre le propriétaire et le métayer. Le lait est envoyé à une laiterie cosnmune, et le produit est partagé par moitié entre le proprié- taire et le métayer; 1l en est de même du produit des cochons. Souvent aussi, l’on se rapproche de lusage suisse, en se bornant à exiger une rente fixe en argent pour chaque bête de rente, outre l'intérêt du capital total jusqu’à ce que le métayer ait payé sa moitié de la valeur des vaches, et la totalité de celle des bêtes de trait.
Là où il n’y a pas des vaches à lait, les bestiaux de trait et les bêtes qu’on élève sont indépendants du contrat entre le propriétaire et le métayer. Ou celui-ci possède le bétail en propre et en retire les profits, comme il en supporte les pertes; ou bien il recoit ce bétail, par un bail à chepteil, soit du propriétaire, soit de tout autre particulier, auquel il en paie une rente, ordinairement en grain; d’ailleurs il partage avec ce bailleur les profits et les pertes, à l’époque de la vente. La mortalité demeure à la charge du propriétaire, toutes les fois qu’elle n’est pas occasionée par la négligence du métayer. Lorsque le bétail baillé de cette dernière manière est entre les mains de bons métayers, il rend ordinaire- ment, à son propriétaire, le 10 à 12 pour cent de son capital, y compris le profit que donnent les élèves, ou plutôt le produit de la vente des bêtes adultes que ceux-ci remplacent.
Au lieu de la moitié de la volaille, et en guise de loyer, le métayer paie une redevance annuelle fixe, qui peut aller à 2 francs par journal; mais là où le métayer paie la moitié des impôts, il ne paie pas de redevance fixe de ce genre au propriétaire.
Celui-ci, presque partout, fournit au métayer, pour la litière de son bétail, une certaine quantité d'herbes de marais, que ce métayer doit récolter à ses propres frais.
Dans le Bolonais et la Romagne, il n’est pas rare de voir des familles de vingt-cinq, trente et même quarante individus, vivre réunies dans une même métairie, et la cultiver avec le plus grand soin. Là, souvent, un père a deux ou trois fils mariés et pères eux-mêmes, et tous les individus dont cette famille se compose, vivent entreux dans une parfaite harmonie, sous la di- recuon patriarcale de ce chef.
G+ 25. Le bail à métairie ne peut pas procurer, au propriétaire, ce période de rente, que des connoissances étendues et une expérience consommée lui procure-


