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PRÉFACE. VIE
Ve
fonde misère, en introduisant, au milieu d'elle, un système d’écono: mie rurale nouveau; un système qui füt, du moins en partie, indépen- dant de la grêle et des autres fléaux, auxquels la totalité des récoltes était exposée; un système qui tendit à donner, au peuple des campagnes, cette existence assurée, paisible et douce qui, en le rendant heureux, moral et bienveuillant, lattache à la tranquillité publique. Dans cette entreprise, j'ai eu à lutter contre beaucoup de préjugés, et surtout contre cette répngnance qu'ont presque tous les païsants, à changer quelque chose à l’ensemble de leurs habitudes; aussi, malgré des conceptions dont le temps n’a fait que démontrer la justesse, ai-je vu s’écouler assez de temps, avant d'obtenir la réalisation de mes vues.
Plus que personne partisan de cette distribution des terres en petits béritages, qui fait jouir, la plus grande partie de la population, des charmes de la propriété et d’une honnête aisance; qui fortifie les états en leur donnant pour base le bonheur de leurs peuples; j'ai cependant dû m’é- carter un peu de mes principes à cet égard. Pour vaincre, parl’exemple, la répugnance de la population rurale dont j'étais environné, et démontrer, nou-seulement la possibilité, mais encore la bonté, du système d’éco- comic que je voulais introduire, j'ai dû me résoudre à établir deux grandes exploitations métayères, qui donnassent la perspective d’assez grands bénéfices, pour pouvoir être entreprises par des hommes à talents, éclairés et capables de donner l’exemple de Péconomie rurale la plus sage et la mieux réglée. Jusqu'ici tout promet à ces deux mé- tayers, MM. Jaques Véronési et Louis Serra-Zanetti, les succès qu'ils avaient espérés, et une prospérité qui les conduira à la richesse; et leurs succès auront cela de particulièrement satisfaisant, qu’ils pourront être le gage d’une grande amélioration dans le sort des cultivateurs, et d’une angmentation sensible dans la prospérité du païs.
L'avenir décidera si le bien que j'ai cherché à faire a pu se réaliser, et si mon passage, car je ne puis appeler autrement la durée de la vie, considérée relativement au temps qu’exigent les grandes améliorations; si mon passage, a laissé quelques traces utiles dans le païs où j'aurai possédé. En attendant, pour ce qui me concerne en particulier, j'ai déjà atteint des résultats assez remarquables, et c’est d’après ces résul-


