I.ePARr. De la Malue des TLois qui ſorment le Proit civil c. 25 m'élever à des vues plus étendues, et de considérer quelles distinctions on peut faire entre les lois en genéral, à raison de la diversité de leur origine et de la différence de leur objet; car le caractère propre des lois qui forment le droit privé n'est que la diffe- rence qui les distingue des jois de toute espoce desti- nees à former un autre droit. Or, cette différence nait de la diversitè, soit de Porigine, soit de Iobjet des ſois.
On demandera à quoi bon toutes ces distinctions.
Eiles ont un but utile, ou plutõt elles sont indis- pensables. Ce n'est pas, en effet, pour ẽtablir une vaine theorie, ni pour fournir un sujet d'argumentation à l'ecole, qu'on distingue un droit naturel, un droit positif᷑, un droit des gens, un droit public, un droit civil ou privé; c'est pour rẽgler usage et lappjication des Iois.
On peut, en effet, s'égarer de deux maniéres dans Tusage des lois: ou en appliquant des lois sous un ordre de choses dans lequel jeur autorité est nulle ou secondaire; ou en jles appliquant, quocique sous ordre de choses qu'elles régissent, d'après des prin- cipes propres à des lois qui ont un autre objet. On tomberoit, par exemple, dans la première de ces erreurs, si ſ'on voulcit tout décider dans I'état de societè, par les lois qui forment le droit naturel; on tomberoit dans la seconde, si Fon prononqoit par les principes du droit privè sur des matieères du droit puhiic.


