ED'D'HISTOLRE N'ASTID RÉEL LE, 307
apprennent que dans la quantité des personnes mordues par un même animal enragé, les unes périssent, et les autres réchapr- pent.
En 1775 un loup fit des ravages affreux dans les ci- devant Mâconnois et Charollois; les blessés de cette première province furent traités par ordre du gouvernement, et d’après un plan de curation envoyé par la société de médecine, les uns périrent ct les autres 5e rétablirent sans éprouver aucun symptôme de rage. Il en fut de même dans le Charollois y quoiqu’on n’ad- ministra pas le même tratiement; on se contenta d’un remède empirique dont les insuccès sont trop marqués pour mériter de la confiance.
Les morsures des loups sont trop graves, trop profondes, trop multipliées, et le plus souvent faites à la tête, au visage et d’autres parties nues, pour fonder le soupcon que la bave qui, vraisemblablement ne s’epuise pas plus chez les animaux que dans les hommes, ne soit pas restée dans quelques-unes des plaies.
Une des personnes mordues dans le Charolloïs avoit douze ou quinze blessures de ce genre; est-il présumable que dans aucune il n’y soit demeuré de la bave. Quelle cause à donc préservé de la maladie, si ce n’est la bienfaisante nature? Vou- droit-on l’attribuer au remède empirique? Mais pourquoi a-t-il manqué sur tant d’autres? invoquera-t-on en sa faveur la même disposition sur laquelle je me fonde? Mais ma conjecture n’est pas dans le cas de lui être assimilée; elle n’est pas une simpie possibilité; elle dérive de faits nombreux, d'observations avé- rées; les conséquences qui en résultent n’ont rien que de proba- ble, et fussent-elles même ilusoires, elles devroient néanmoins être admises; nul danger ne peut en résulter, et elles ont l’ines- timable avantage de pouvoir tempérer de mortelles alarmes. I! est si consolant pour celui qui a eu le malheur d'être mordu d’un animal enragé ,de penser que peut-êtreil est du nombrede ces heu- reux individus que la nature 4 distingués et qu'elle n’a pas for- més propres à recevoir la communication de la rage. Cet espoir ne dispense pas de recourir promptement aux remèdes, il leur ajoute un degré de confiance qui tranquillise d'autant plus. Les externes tiennent le premier 1ang. L’amputation est le moyen victorieux lorsqu'il est possible de la faire sur-le-charmp: les fortes ligatures, les profondes scarifications» les ventouses, la cautéri- sation par le feu sur-tont» les vésicatoires présentent plus on moins d'avantages sensibles» Mais ce n’est que de la célérité de l'emploi de ces moyens qu'on a droit de beaucoup espérer.
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