Jahrgang 
50
Seite
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308 JOBRANADL DE PHYSTOUES DE CHIMIE

A l'égard des remèdes intérieurs, l'utilité nest point aussi évidente;:e choix nen est point aisé; le célèbre Sage vient de faire part dune guérison au moins dun succès présumé, obtenu par lalkali voiatil. Macquer a cité daprès un auteur; la vertu dn vinaigre; l'observation seroit d'autant plus précieuse, que le remède auroit guéri la rage dans son accès; et cest vérita- blemient la pierre de touche; un remède ne sera incontestable- ment spécifique qu'autant quil aura réussi à cette époque. Ce nest pas toutefois quon doive nier les vertus prophilactiques. Tel reinède peut prévenir un mal, sans être en état de le vain- cre quand il est développé et à son dernier terme, mais pour quil inspire une confiance convenable, il faut un grand nombre de faits constans, et confirmés par une longue suite d'années.

On ne peut pas se dissimuler que lhistoire théorique et prati- que de la rage ne soit encore couverte de beaucoup dobscu- rité. Les remèdes sont équivoques, et les observations ne sont point concordantes. Les médecins ont hasardé des assertions gratuites qui jettent néanmoins dans de grandes perplexités. Peut- on aisément croire que la griffe seule dun animal enragé, sans quil y ait la moindre plaie, et qui na enlevé que lépiderme, ait Communiqué la rage? Est-il fondé d'attribuer un accès de rage à une morsure faite vingt ans auparavant, comme sil n'étoit pas connu quil y a-des hydrophobies spontanées? Est- il raisonnable de prétendre que des enfans conçus dans linter- valle dune morsure à la manifestation de la rage, seront sujets a la manie, à lhypocondrie? Nest-ce pas assez dinspirer def- froyables alarmes aux parens, sans transmettre encore de pareil- les inquiétudes à leur postérité.

En énumérant les différentes manières qui peuvent commu- niquer la rage, il eût été convenable d'annoncer en même temps les faits qui en diffèrent et servent à diminuer les frayeurs.

S'il est vrai que la bave reçue sur la peau entière ait donné la rage, il ne lest pas moins quil y ait des observations con- traires; si on est devenu enragé pour avoir mangé de la chair, du sang, du lait des animaux hydrophobes, il est certain que dautres fois on la fait impunément. Jai appris et je crois que le célèbre et savant rédacteur du Journal de physique a été témoin oculaire du fait, qu'une fille hydrophobe mit dans sa bouche et mâcha*un morceau de poire quelle rejetta ensuite dans lidée quon vouioit lempoisonner... Pour len dissuader, un de ses parens le ramassa et le mangea en présence de tous

les assistans. Peut-on douter que cette poire ne fût pénétrée de