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306 JOURNAL DE PHÉSALOIE DE
51 boire et manger ne rassure pas infaillibieinent sur la rage d'un animal, on ne doit point aussi s’alarmer outre mesure, POur avoir été mordu d’un chien qui refuse de boire et de man- 8er; j'ai vu plusieurs fois de ces animanx qui non-seulement ne buvoient ni ne mangeolent, mais encore mordoient jusqu’à leur maître, sans qu’il soit arrivé aucun accident. Ces faits jettent dans dés perplexités, mais ils ne sont décisifs qu’autant qu’ils Sont joints aux autres signes, tels que les yeux hagards, rouges, pulvérulens, la marche incertaine, la queue traînante, les oreilles basses, la bave à la gueule, etc. On regarde comme une annonce assez certaine qu’un chien est enragé lorsque les autres chiens fuient à son aspect. Cependant Sage a vu un chien sain accourir et en provoquer un autre qui étoit enragé.
Les chiens ne sont pas les seuls animaux susceptibles de rage Spontanée; les loups y sont vraisemblablément sujets; les hom- INCS eux-mêmes 1L’en sont pas exempts.
Les symptômes de la rage communiquée aux hommes ne sont PES OS Constans ni les‘mémes.s les. essentiels: njont paru, l'horreur de l’eau et. de tonte boisson; douleur au cardia et qui s’étendoit jusqu'au gosier; une expulsion presque conti- nuelle de salive. Ce symptôme cadre avec la bave abondante que rendent les chiens enragés.
La fureur du rut présage la déclaration prochaine de la rage, du moins je sais que cela est arrivé à une meute de chiens avant de prendre l’accès. Les hommes peut-être n’en sont pas à l’abri; on sait que dans le paroxisme ils éprouvent quelque- fois de violens priapismes et d'énormes pollutions.
La rage est une maladie asez rare; dans plus de q'arante-cinq ans de pratique je ne l’ai vue que trois fois; ce n’est pas que chaque année on ne parle de personnes mordues par des ani- maux enragés, ou présumés tels, mais il est difficile de s'assurer, d’une part, de la réalité de la maladie, et de l’autre, de savoir si le venin a été introduit dans la plaie, ou au moins s’il y. est resté. Souvent on est mordu par-dessus ses vêtemens, la bave reste à travers, et la dent ne fait qu'une plaie simple; elle peut d’ailleurs s’écouler avec le Sang qui en sort. Je dis même plus, il se peut qu'elle y reste, qu’elle passe dans la masse du sang, sans être nécessairement suivie de la rage; je juge de ce virus comme de ceux de la petite vérole, de la gale, de la peste, etc.: qui n’infectent de ces maladies que ceux que la nature y a dis- posés. Je crois l'analogie très-adiuissible dans ce cas: comment pourroit-on expliquer sans elle ces nombreuses observations qui


