P'A GRT CVULTVRE. 15 assez épais, pour qu'iil n'y ait guères de places où la semence se trouve trop rare, et d'abandonner alors à la nature le soin d'claircir les plantes dans les lieux où elles se trouvent trop épaisses, ou bien d'enlever ensuite l'excédent. Comme L'expérience a assez universellement déterminé la mesure de semence qui, selon le mode ordinaire de semer, est le plus convenable, et que ceux qui réduisaient la quantité de semence, m'ont en général point été heureux, aussi long- temps qu'ils ne changeaient pas ce mode, le cultivateur a d'assez bonnes raisons pour demeurer fidelle à Pancienne proportlion.
Mais si Pon apporte des changemens convenables, soit dans la manière de semer, en procurant une répartition plus uniforme de la semence, soit dans celle d'enterrer et recouvrir cette semence, en faisant que chaque grain étant mis à la place qui lui convięnt, sa réussite soit mieux assurée; si en même temps l'état de fécondité du sol promet un fort tallement, il est évident, et des expériences sans nombre l'ont démontré, qu'on peut faire Pépargne de plus de la moitié de la semence.. Quant à une épargne moins considérable, comme, par exemple, cela a lieu lorsqu'on ne sème que quatorze metzen; on doit la faire toutes les fois qu'on est sür que la semence sera bien distribuée„qu'elle levera d'une manière passablement compléte, et qu'elle tallera convenablement, Si c'est le contraire, il faut semer encore plus épais qu'à l'ordinaire.
Le plus ou moins de semence est donc déterminé:
a) Par Phabileté du semeur, de laquelle on peut attendre une répartition plus ou moins égale de la semence sur toute la surface du champ;
b) Par la bomé de la semence, c'est-A dire qw'elle soit telle que, d'une très- grande majorité des grains, il naisse des plantes saines et qui arrivent à maturité;
0) Par une iempérature favorable ou défavorable Pour les semailles; par un degré d'humidité plus ou moins avantageux à l'espèce de grain qu'on sème;
d) Par le degré d'ameublissement du sol, par l'état où ilse trouve au moment de la semaille; état qui favorise plus ou moins la germination, et la pousse des racinee
e) Par la fécondité du sol, et par les rapports qu'ila avec la nature du produit qu'on y sème, entant que ces rapports peuvent avoir de Pinfluence sur le tal- lement et la réussite des plantes;
f) Par Pépoque plus ou moins haàtive de la semaille. Les semailles hatives fa- vorisent le tallement; celui-ci alors s'opère avant que les plantes montent en uges, ce qui, pour chacune d'elles, a lieu dans une saison déterminée. Cette circonstance est d'une telle importance, que, par exemple, il est des espèces de seigle qu'on Peut semer, en juillet, la moitié plus claires, qu'en octobre.


