16 PRINCIPES RAISONNES
gauche du corps de charrue. Mais ce retranchement ne peut avoir lieu que dans des terrains légers, débarrassés de pierres, homogènes, et où l'on ne donne que des labours superficiels. Dans des terrains d'une nature opposée et pour des labours profonds, une charrue sans coutre ferait un ouvrage très-mauvais, et elle donnerait beaucoup de peine, tant aux béêtes de trait, qu'au laboureur lui- méême,
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La seconde partie essentielle de la charrue est le soc, qui sépare la tranche du sol horizontalement. Dans les charrues bien construites le soc doit déjà comm neer à soulever la tranche, et la conduire au versoir sur une surface oplique mais non interrompue,
Le soc est composé de deux parties, eelle qui tranche, que nous appelons ordinairement l'aile, et celle par le moyen de laquelle il est assujetti au corps de charrue: nous désignons celle-ci sous le nom de douille. La forme de la première est tres-variée; le plus souvent cependant elle a l'apparence d'un demi coin on d'un triangle rectangle; du côlé de la terre non remuée elle est alignée avec le coutre et le corps de charrue, et elle n'est pas tranchante: il est très- essentiel que cette direction du côté gauche soit bien observée, sans cela la charrue n'aurait point une marche régulière. L'autre côté de l'aile, celui qui est en biais, est ordinairement acéré et tranchant; il s'éloigue du còôté gauche du soc par un angle d'environ quarante-cinq degrés. Quelquefois on lui donne un angle plus aigu, d'environ trene-cinq degrés, afin qu'il puisse pénétrer d'au- tant plus ſacilement dans les sols argileux et tenaces; mais il est évident qu'alors le coutre doit éire d'autant plus long, si la base de ce triangle rectangle doit demeurer la même. Quelquefois ce triangle est composé d'une seule pièce de fer et tout à fait 6vidé; d'autrefois son milieu est vide, mais entouré de trois côtés. La première méthode est Sévidemment préférable, parce que la tranche séparée par la lame du soc peut alors s'élever insensiblement et avec moins de frottement sur-la surface oblique qui la conduit au versoir.
La partie postérieure de P'aile doit étre proportionnée à la tranche qu'on se propose de séparer du sol; c'est-à-dire que la largeur de P'aile qui forme la base doit étre à pen près égale à Ja largour du sillon, ou que l'angle qui est à la droite du soc et qui forme l'extrémité postérieure de sa lame, doit étre à peu près aussi éloigné da côté gauche du corps de charrue, quene l'est la partie inférieure du versoir qui appuie contre la tranche renversée. Je dis à peu près, car, sur neuf pouces, P'aile peut en avoir un de moins; alors le versoir retourne d'autant mieux la tranche sur son propre axe, parce qu'elle tient encore un peu au sol.
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