D'A GR'ILOUILTURE. 17 Mais il ne faut pas que cette différence soit plus grande, sans cela le froöttement serait augmenté, et la charrue marcherait plus difficilement, parce qu'alors le versoir aurait beaucoup plus de résistance à vaincre pour soulever la partie de la tranche qui n'aurait pas été soulevée par le sol.
D'après des essais de dynamique, la force nécessaire pour mettre en action une charrue dont le soc avait cinq pouces de largeur, était diminuée de cinquante livres lorsqu'à ce soc on en substituait un de sept pouces. Cependant le défaut d'avoir des socs trop étroits se voit dans la plupart des charrues, mème d'abord après qu'elles ont été faites, et il saugmente par l'usage et l'usure.
La seconde partie du soc est la douille, c'est par elle que le soc est attaché au corps de charrue; sa forme et la manière de l'assujetuür sont très-variées. C'est une très-mauvaise méthode que d'attacher ce soc avec des clous; cela ne peut se faire que là où le terrain est très-léger et très-doux, là où le soc n'a que très- rarement besoin d'être acéré ou éguisé. Quelquefois il est arrété par un crampon; ceux de nos socs qui sont le mieux faits ne sont que chassés; mais pour que de cette manière le soc tienne avec assez de solidité, il faut sans contredit que la douille et le bois aient été travaillés avec soin.
Un soc bien formé doit, ainsi que je l'ai dit plus haut, non-seulement séparer Ja iranche du sol, mais encore la soulever; il doit former avec le versoir une surface unie qui Sélève obliquement sur le côté. L'aile du soc elle-méme est con- vexe eus'éleve en se rapprochant du còté gauche. II fant que la douille n'inter- rompe pas ceite élévation, mais au contraire qu'elle la continue, en servant à la jonction du soc aveo le versoir, de manière que nulle inégalité ne rompe Puniformité qui doit règner dès la pointe du soc jusqu'à Ia partie postérieure du versoir. C'est là un grand avantage qu'ont nos charrues de Bailey et de Small, et qui contribue infiniment à la diminution du frottement. Dans les charrues ordinaires il y a une interruption à cette place, de sorte que la tranche s'abaisse et doit de rechef être soulevée par le versoir.
Pai cependant rencontré des paysans à qui cet inconvénient n'avait point échappé, et qui, en conséquence, avaient assujetti à la gorge et à Poreille, une pièce de fer battu, qui reposait sur la partie postérieure du soc. IIs assuraient que leur charrue avait été considérablement améliorée par ce moyen.
Quant à la forme de nos socs, je renvoie à la description que j'en ai donnée dans Pouvrage que j'ai publié sous le titre de Beschreibzung der nutzbarsten neuen Ackergeraethe Haft. 1. Taf. 4. fig. I, II et III. Comme la douille du soc doit joindre très-exactement au corps de charrue et en particulier au versoir, plusieurs maréchaux ont beaucoup de peine à P'exécuter; mais cette diffi- culté cesse, si Pon se procure une forme en fer autour de laquelle on puisse
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