258.__ PRINCIPES RAISONNÉS
applique cette substance au sol en trop grande quantité, la végétation en est com- plétement arrêtée; mais lorsque le sel a été lave par les pluies, et que peut-être il a été en partie décompose par Phumus, il donne, pendant les années suivantes, beaucoup de force à la végétation. Lorsqu'on en épand une petite quantité sur un terrain riche, ellé produit un effet très-sensible, maïs de courte durée; en revanche cet effet est absolument nul, lorsque cette petite quantité de sel a été étendue sur un terrain appauvri. On n’emploie donc que très-rarement ce moyen d’amender les terres, lors même que, dans les salines, on peut se procurer du sel impur à bas prix. Mais, sur les bords de la mer, on voit d’une manière frappante les effets’ que l’eau salée produit sur la végétation, aussi les marais salans sont-ils préférés aux autres pour le pâturage du bétail. L’herbe qui y croit est mangce avec avidité par toutes sortes de bestiaux, soitau pacage, soit en fourrage sec, et cette nourriture est particulièrement avantageuse à ces animaux. Âu reste, même sur le rivage de la mer, le sel est promptèment entraîné par les eaux hors du sol; en effet, lorsqu'on fait l'analyse des terrains de ce genre, on y trouve à peine quelques vestiges de cette substance.
Les essais faits sur l'emploi du salpétre(nitre, nitrate de potasse), employé en tres-petite quantité, ont présenté des résultats beaucoup plus sensibles que ceux obtenus du sel commun; maïs, dans l’usage ordinaire, l’emploi de ee moyen est impraticable, aussi n’en parlons-nous ici que parce que cette cir- constance démontre la fertilité des terrains qui produisent spontanément du hitrate de chaux. Cependant nous devons dire ici en passant, que souvent on croit qu’un terrain contient du salpêtre, quoïque réellement il en soit dépourvu: plusieurs personnes prennent pour du salpètre eette substance blan- chätre qu’on remarque sur Îles terrains qui Contiennent beaucoup de terreau, et qui n’est autre chose qu’un lichen(lichen humosus) que ces terrains pro- duisent promptement, et qui est sans contredit une preuve de fécondie. Le salpêtre que le sol produit spontanément est bientôt entraîné par les eaux, aussi le découvre-t-on rarement dans les terres dont on fait Panalyse: on le trouve plutôt dans les plantes qui ont cru sur des terrains propres à la formation de ce sel, cependant il n’en fait nullement partie essentielle, il paraît au contraire n’y être qu'accidentellement et comme corps étranger: c'est le cas, par
exemple, dans la betterave champètre.
Ïl ne vaut pas la peine de s'arrêter aux sels reutres.
Aujourd’hui qu'on a une idée si précise des sels, de ces substances qui existent dans le sol qu’accidentellement, très-rarement et en quantité tout à fait insigaifiante, il serait tems qu’on ne nous parlät plus des sels contenus
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