XVIII PRÉFACE
que son transport soit moins coûteux, soit afin de pouvoir mieux diviser cette substance. La quantité nécessaire à l'amendement d’une étendue de terrain donnée, dépend surtout de la nature de ce terreau, et en partie aussi de la fertilité du sol, puisque lorsque celui-ci a déjà de la fécondité, il a besoin d’une moins grande addition de sucs pour parvenir à ce point où il rend les plus belles récoltes, sans que Îles grains courent risque d'y verser.|
Il importe beaucoup que le terreau soit parfaitement mélangé avec le sol, et que ce mélange ait lieu aussitôt après que le terreau a été épandu, afin que celui-ci ne s'agglomère pas et ne forme pas des mottes. Quoique la tourbe soit composée de dépouilles de végétaux, on ne peut employer immédiatement à l'amendement des terres que celle qui est légère et meuble, et cette espèce de terreau qui s’en détache dans le frottement; celle qui est pesante, qui contient de l'acide, et surtout du bitume, a besoin, pour être convertie en engrais, de demeurer long-tems en tas, mêlée avec de la chaux vive ou avec des fumiers très-actifs, ou enfin avec du sable bien grené.
Enfin, on a employé avec un grand succès à l'amendement des terres, du charbon de terre bitumineux; mais celte substance paraît agir bien plus comme agent de décomposition, c’est-à-dire par la faculté qu’elle a d'accélérer la putréfaction des matières organiques auxquelles elle est associée, que comme aliment proprement dit.
_ Les défauts qui caractérisent une espèce de terrain peuvent sans contredit être corrigés en ajoutant à celle-ci des terres qui se distinguent par l’excès contraire; mais elles sont rares les circonstances où les frais de telles améliorations. n’excèdent pas les avantages qu’on peut en retirer; peut-être même se réduisent-elles au seul cas où la couche inférieure du sol à en elle les qualités qui peuvent corriger les défauts de la couche supérieure. D’ailleurs, le mélange du sable avec l'argile est d’une difficulté extrême; on ne peut l’opérer que par des labours très- multipliés, en choisissant pour cela les momens les plus favorables.
Cependant on améliore d’une manière durable, la nature physique des terrains argileux, en les écobuant, en brülant leur superficie; parceque le feu durcit les parties intégrantes du sol, en même tems qu’elle les


