DU TRADUCTEUR. xF surtout au printems, pour fortifier celles qui n’ont qu’une chétive apparence.|
Mais l’auteur observe très-judicieusement que pour avoir recours
aux composts, il faut avant tout avoir à sa disposition une abondante quantité d'engrais, puisque de cette manière ces engrais ne sont mis en œuvre qu’une année plus tard. À cela je dois ajouter que les frais de manipulacion des composts, surtout si ceux-ci doivent être brassés assez souvent pour faire germer et détruire les mauvaises herbes que con- tiennent ordinairement les terres qu’on y mêle, que ces frais dis-je, dépassent le plus souvent les avantages que la méthode des compost procure. Il vaut mieux déposer sous le tas de fumier les matières qui sont d’une putréfaction difficile et là, les laisser se décomposer peu-à- peu d’elles-mêmes, à l’aide des sucs que le fumier y laisse couler.
Lorsqu'on manque de paille pour litière, on emploie à cet usage des feuilles d'arbres, sur-tout de hêtres, de noyers ou de châtaigniers; de la bruyère, des roseaux, des plantes aquatiques, de la fougère et même de la mousse; celle-ci ne se décompose que difficilement. On doit éviter de se servir pour cela de matières mêlées de semences de mauvaises herbes.||
On consacre aussi la tourbe à cet usage, surtout dans les bergeries, et en effet les excrémens de bêtes à laine sont plus propres que d’autres à purger la tourbe de son acidité.
À défaut d’autres substances, on peut également employer des gazons en guise de litière; quant à la terre, pure elle ne saurait présenter de grands avantages. Elle n’est point susceptible de putréfaction; d’elle- même elle ne peut donc pas être un engrais, et loin de garantir le bétail de l'humidité et de la malpropreté, elle retient et concentre au contraire l’une et l’autre; de sorte que son emploi ne procure aucun bien qui puisse compenser les frais de transport et de mani- pulatiou qu’il occasionne.
L'usage de donner une litière au bétail n’est pas universel; souvent on recueille les excrémens seuls, et dans ce cas on dispose les écuries de manière à favoriser la propreté. Dans quelques contrées les gros
excrémens sont conservés séparément dans des tas hors des étables,


