358 PRINCIPES RAISONNES
qu'une partie du bétail reste à l'étable tandis que Tautre va au pàturage, mais que Ie bétail prend chaque jour une partie de sa nourriture à l'étable, et Pautre partie au päturage. 1
Plusieurs personnes ont envisagé cette manière de nourrir le bétail comme la plus profitable pour la rente, et par son moyen, ont obienu un très-grand pro- duit en lait, En effet, ce changement d'aliment devait donner plus d'appétit aur bétes et leur faciliter la digestion. Cette manière doit étre conseillée surtout dans les lieux oùð Pon a à sa proximité des pâturages auxquels la crainte d'inondations ou quelqu'autre cause, empèchent de donner une autre destination et où, cependant, ces päturages ne peuvent pas suffire à la nourriture du bétail à cornes pendant l'été,
6§ 392.
La nourriture à l'étable peut s'associer à divers systèmes de culture, qgyui se réduisent principalement aux trois suivans:
La première et la plus ancienne manière de se procurer des fourrages verts pour l'été, consiste à y consacrer des clos parüculiers, ou des champs d trefle, Pour cela on choisit ordinairement des pièces de terre situes près des bätimens rustiques, et l'on y sème de trois en trois ans, souvent méème dès la première année et avec la première récolte de grains, du trêfle desuné à étre fauché en vert, ou si la nature du sol le permet, de la luzerne. Lorsque ce fourrage a pris fin, on y cultive pendant un ou deux ans des racines ou des choux, quelquefois aussi une récolte de blé ou de légumes, puis on les sème de pouveau en fourrage. Mais ces clos consomment une grande partie des engrais, parce que, sans des amendemens abondans et répétés, des récoltes de tröfle si rapprochées ne pourraient y réussir. Le principal but de la culture des fourrages et de la nourriture à'étable, celui de se procurer pour la totalité des champs une plus grande quantité de fumiers, est entièrement manqué, et alors le reproche G'ailleurs absurde, d'exziger trop d'engrais, qu'on fait à la cul- ture des fourrages, se trouve fondé à quelques égards.
Une autre conséquence de cette méthode, c'est de priver d'un second avan- tage attaché à la nourriture du bétail à„'étable et à la culture quiĩ en est la suite, de la succession alternative des récoltes vertes et des récoltes de grains dans les champs. La jachère morte doit par cela même y avoir lieu, sans qu'on en retire aucune récolte, ou bien les champs sont bienlôt infectés de mauvaises herbes. C'est en plein champ seulement et introduites dans Passolement général, que les récoltes vertes peuvent remplir complétement le but auquel elles sont des- nnses; qu'elles proourent la bonification chimique du sol par le moyen des


