356 PRINOCIPERS RAISONNES
le beurre ont, dans le plus grand nombre de pays, des débouchés bien plus 6tendus, que ceux pour les grains, parce que, à valeur égale, le transport de ces denrées est moins coũteux. C'est par cette raison que, dans bien des contrées,
on a souvent jugé avantageux de transformer les grains en bétail de trait ou de
rente, parce que de cette manière ils s'exportaient eux-mémes. A la vérité depuis quelques années cela n'a pas eu lieu, parce que nulle part le produit en grains n'a excédé les besoins, mais ci-devant on avait recours à ce moyen dans le midi de l'Allemagne et dans quelques provinces de France. Nulle part le beurre qui est d'un transport si facile, ne saurait manquer de débouchés, siil est fait d'une manière convenable. Dans le Holstein où, depuis 15 à 20 ans, la quantité de beurre fabriquée a augmenté, à ce qu'on assure, méme au-delà d'un ters; le prix en a Lepehdaurstonjours haussé, malgré que l'exportation qui dans le méme tems s'en est faite du Mecklembourg, ait également été plus forte.* Par- ꝛout le prix de la chair et celui des grains ont haussé, même proportionné- ment à celui des grains, ce qui parait dú à ce que des contrées incultes, qui auparavant n'étaient employées qu'à la nourriture du bétail, ayant aug- menté en population, ont été mises en culture et produisent aujourd'hui des grains. Le prix des laines a également haussé et la quantité doit nécessai- rement en être augmentée, quoique seulement d'une manière indirecte, par Tentretien d'un plus grand nombre de bètes à l'étable, puis qu'alors une plus grande étendue de pàturages pourra éêtre consacrée aux moutons.
Au reste il est encore douteux qu'une culture plus soignée dut faire baisser le prix des produits animaux, proporuonnément à celui des autres denrées, puisque en méême tems que les produits augmentent, la consommauion, l'aisance er la richesse nationale augmentent aussi et avec elles la population. Mais dans aucun cas ces produits ne peuvent tomber au-dessous de leur prix naturel, c'est-à-dire de celui qui paie leur culiure avec un juste profit, puisque si ce cas arrivait, le culüvateur se relächerait bientét de Pactivité qu'il avait donnée à son industrie. Au reste, non-seulement la méthode de nourrir le béiail à'étable procure une plus Prande abondance de produits animaux, mais encore elle épar- gne du terrain pour la culture des Srains, et elle muhiiplie les engrais qui doivent favoriser celle-ci.
§ 590.
Ainsi donc considérés isolément, les motifs qu'on allégue contre la nourriture
à l'étable et le perfectionnement de la culture qui en est la suite nécessaire, ne
* Hy a huit ans que les Indes orientales avaient ouvert au beurre du Holstein un débouché nouveau et avantageux; on P'y envoyait renfermé dans de petits tonneaux ou barils. A.
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