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D'A GRICULTVURE. 15
s'il sait les mettre en parallèle en comparant leurs résultats. Mais il faut une grande persévérance et surmonter bien des difficultés pour urer part de tels voyages, et pour pousser ses observations jusqu'aux vrais principes des choses. Celui qui n'a parcouru un pays qu'en poste, et qui ne s'est arrété que dans les auberges, n'en rapportera que bien peu de chose d'uüle. Outre cela il faut un jugement et une pénétrauon formés par des études préliminaires suivies, et une imparlialité dégagée de préjugés, pour Urer de telles observations des résultats vrais et posiufs. Sans cela, au lieu d'étre dépouillé de ses préjugés, on ne fait qu'en rapporter de nouveaux encore moins appropriés à son climat et à ses con- venances sociales. Si le métier d'agriculteur avait, ainsi que les professions réglées en corporations, prescrit à ses ouvriers les voyages, il est indubitable que cela n'en irait que mieux.
Nous dirons dans la suite quelque chose sur la direction des voyages agricoles, sur les routes les plus convenables à suivre, et sur la géographie de l'agriculture. § 45.
Enfin dans ces derniers tems on a proposé, projeté et essayé en grand nombre des instituts desünés à Penseignement de Pagriculture, mais ils n'ont pas encore 6té Gtablis d'une manière permanente. On a à quelques égards exigé trop d'eux. A la vérité, le mécanique y est démontré et enseigné avec clarté et dès ses principes, mais difficilement on peut y joindre toute la pratique qui serait néces- saire. Ce que nous avons appelé éducation agricole peut étre acquis plus faci- lement et à beaucoup moins de frais dans des écoles primaires circonscrites,
dans lesquelles sout régisseur agricole honnéte et doué de zèle, même sans pos-
séder des connaissances scientfiques, peut donner les leçons et faire la démons-
tration..
Un institut destiné à Penseiguement de la science agricole doit réunir les con- ditions suivantes.
Il faut qu'on y enseigne dans son ensemble, avec ses liaisons et les rapports qu'elle a au but principal, toute la partie des sciences qui a trait directement ou indirectement à la vie agricole.
Eu outreé il est nécessaire, non-seulement que chaque démonstrateur possède sa science avec une pleine clarté et dans ses principes, puisqu'il est toujours beaucoup plus difficile d'enseiguer une science dans son application à une autre, que dans son ensemble; mais encore qu'il ait une connaissance parfaite du but méme pour lequel elle est enseignée, et qu'il ait une hauie idée de son importance.
A cette persuasion, il faut qu'il réunisse Paffection et Penthousiasme pour la science. L'idéal de la plus haute perfecuon possible doit étre présenté d'une


