16 PRINCIPERS RAISONNES
manière si claire, si frappante, que l'envie de l'atteindre pour l'amour d'elle, jette dans l'ame de profondes racines. Que ceux qui viennent à un tel institut doivent étre capables d'en profiter, c'est ce qu'on doit présumer de leur simple arrivée.
Un idéal n'est point une chimère, quoiqu'il puisse etre hors de portée. Cest un produit de l'entendement et de la raison, dans lequel rien ne doit être abandonné au caprice; c'est la représentation d'une chose dans la plus haute perfection dont on puisse se faire une idée, sans égard aux circonscriptions dont la nécessité ou FPaccident peuvent entraver Pexécution. Il faut nécessairement avoir cet idéal devant les yeux si, dans toutes les circonstances, on veut atteindre le plus haut degré ou s'en approcher, ne fut-ce qu'à petits pas et par de grands détours.
Par idéal de l'agriculture, on ne doit point entendre une institution particulière, mais seulement cet ordre par lequel le but de l'entreprise, tel qu'il est indiqué à S§ 1 et 2, est atteint sous tous ses rapports et de la manière la plus complète.
Il est absolument nécessaire que tous les sujets, avec leurs procédés dans leurs détails et leurs époques, soient représentés aux sens, et que cette démons- tration soit unie à l'enseignement, afin que ces sujets produisent une impression plus profonde et plus durable, afin aussi que chaque proposition de quelque im- portance soit appuyée d'une démonstration ou d'une expérience. Pour atteindre ce but, il faut une culture assez étendue et assez compliquée, qui comprenne les procédés de toutes les opérations importantes, et qui fournisse l'occasion de les observer. Cependant comme on ne sauroit tout réunir dans un seul établis— sement agricole, sans lui donner une complication qui lui éterait ses avantages comme modeèle d'agriculture; il faut choisir pour Pinstitut une contrée où on puisse trouver rapprochés, des établissemens variés et des diflérences qui donnent lieu à des comparaisons.
La culture attachée à l'institut doit, à la vérité, étre un modèle d'agri- culture, mais il n'est nullement indispensable qu'il soit accompli. Mieux vaut que ce modèle avance vers la perfection, sans P'avoir atteinte, afin de montrer d'autant mieux les difficultés qui Pentourent. II faut aussi que cette culture soit dans les circonstances habitnelles, et qu'elle n'ait ni n'emploie aucune ressource extraordinaire, qui lui donne un accroissement plus rapide que cela n'est q'ailleurs 903 le⸗ Elle ne doit employer ni un capital d'exploitation dis- proportionné et trop considérable, ni des ressources qui ne seraient pas applicables en grand.
Elle ne doit ni acheter du fumier des villes, ni user de moyens coùteux d'améliorer ses champs, lels que de profonds labours à la bèécbe ‚le renversement de récoltes pérennes et choses de ce genre; elle doit procéder avec une économie absolue.
Pour
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