14 PRINCIPES RAISONNES
ont été établies à presque toutes les universités. Pour autant que ces institutions doivent donner au fonctionnaire public, au jurisconsulte, même au ihéologien et au médecin une idée claire de l'industrie agricole, j'en reconnais P'utilité et je désire seulement que la démonstration en soit appropriée à ce seul but qu'elle puisse atteindre.
Elles ne me paraissent en aucune manière convenir à'agriculteur qui cherche Pinstruction, parce que les usages de l'université, le genre de vie qu'on mène à Pacadémie, et la tournure que toutes choses y ont, mettent dans les déve- loppemens de l'éléève quelque chose d'hétérogène, qui pourrait facilement nuire dans la suite à son activité et à son genre de vie; parce aussi qu'on doit à peine
espérer d'un agriculteur qui réunirait la pratique à la science, qu'il voulùt
accepter une place d'instituteur dans une université, et qu'une personne qui ne
posséderait pas ces deux qualités ne serait nullement propre à une telle place. § 43.
Les personnes chez lesquelles la science agricole a existé jusqu'à présent avec plus ou moins de développement, ont dü se la créer par leur propre réflexion; elles n'ont pu employer l'énorme quantité d'ouvrages écrits sur cette matière, que pour en extraire les bons matériaux qui y étaient disséminés. La plupart s'étaient créées à elles-mêmes un système approprié à leurs propres cir- constances; d'autres s'occupaient d'économie et de statistique et avaient des vues toutes différentes de celles de l'agriculteur; elles voulaient ainsi plier toutes choses à des formes qui, quoique reçues et en grand nombre, devaient leur existence plus au caprice qu'à la nature.
Nous w'avons point encore pu avoir un code de lois adapté à lagriculture, parce que jusqu'ici nous ne possédions point encore la science agricole proprement dite. Et comment le législateur pourrait-il embrasser un sujet aussi compliqué, lorsqu'ib
1 n'en a reçu que des notions incomplètes? Cependant les auteurs économi- Politiques Krug et Kraus sont dernièrement parvenus à ce but.
§ 44. Jusqu'à présent rien n'a autant pu contribuer à P'acquisition des connaissances raisonnées d'agronomie, que des voyages dans les pays qui se distinguent par leur agriculture. La comtemplation des méthodes si variées et des institulions de différens peuples, détruisent ce préjugé de notre enfance, que rien ne doit aller différemment et ne peut èêtre mieux que chez nous. Les usages de provinces et de nations entières, tant dans les formes agricoles générales que dans l'exécution de chaque chose en particulier, et la manière de traiter chaque production, sont pour l'homme pensant des expériences en grand,
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