8 PRINCIPES RAISONNES
bien distinguer ce qui doit être accueilli avec plus ou moins de confiance, de ce que le défaut d'expérience doit ne faire recevoir qu'avec doute.
On serait arrivé beaucoup plus 16t, si la mauvaise honte avec laquelle les agriculteurs cachent des essais manqués, et l'exagération avec laquelle ils ra- content ceux qui leur ont réussi, n'avaient pas retardé les progréès.
§ 28.
L'histoire naturelle qui, dans les derniers tems„ a été si fort perfectionnée, nous est d'un grand secours pour les principes fondamentaux de notre science; en particulier elle nous donne un fil pour sortir d'un labyrinthe d'expériences vicieuses et pour la plupart partiales; elle nous sert de pierre de iouche pour juger de leur valeur et de leur bonté. La nature agit partout d'après des lois uniformes et éternelles: Pagriculteur n'opère que par'emploi des forces qu'elle met à sa disposition. C'est par cette raison que pour l'agriculture nous pouvous tirer des connaissances physiques et chimiques des règles précises, ou tout au moins en obtenir des directions sur la marche que nous avons à suivre dans nos recherches. Lors même que l'histoire naturelle ne nous apprendrait qu'à connattre Thomogénéité du sol, la variété de sa nature et quelles sont les parties dont il est composé, ce serait déjà assez pour jeter la lumière sur les nombreuses différences qui se présentent dans le résultat des opérations. Depuis long-tems ces sciences ont eu de L'influence sur celle de Pagriculture: de l'état d'imperfection ouù elles végétaient, étaient nés diverses fausses notions, divers préjugés, qui sont par- venus jusqu's nous, et que nous ne dissiperons qu'en nous aidant de la con- naissance de la nature, aujourd'hui mieux observée. Dans les derniers tems, la chimie en particulier a 6t employée à enrichir Pagronomie, et il est grand Pavantage que même la pratique en a retiré. Nous pouvons maintenant détruire divers préjugés recus, et prouver avec évidence plusieurs vérités, auxquelles nos observations en rase campagne et dans les cours rustiques, donnaient seulement de la vraisemblance.
C'est pour cela que la démonstration scientifique de'agriculture doit cons- lamment se fonder sur de saines notions de physique et de chimie, et que nous devons chercher à sonder par leur moyen aussi avant que possible dans le fon- dement des choses; car nous mobtenons des succès dans nos recherches, et nous ne pouvons en tirer des conséquences ei plus nombreuses et plus süres, qu'en raison de ce que nous pénétrons plus avant dans les phénomènes de la nature et dans leurs causes.
Ici il importe de ne sauter aucun échelon; la plus légère lacune détournerait de la bonne route et empécherait d'arriver; on se jetterait dans l'abime des
copjectures


