(140) trayerva(r); un peu trop âcre et émétique dans le caapia(2); âcre et purgative dans le müûrier noir. Ces arbres munis d’un suc presque vénéneux, portent des fruits singuliers par leur salubrité; dans la plupart d’entr’eux, c’est le réceÿtacle même de la fleur qui devient charnu et sert de nourriture à l'homme comme dans le figuier; ailleurs, ce sont les calices qui deviennent succulents et se soudent souvent les uns avec les autres, tels sont les fruits du mürier, de Parbre à pain.
Cette structure nous conduit au groupe nombreux et mal connu des poivriers, dont la baie est, comme on sait, piquante, aromati- que, chaude et stimulante, propriétés qui se trouvent non-seulement dans le poivre ordinaire(3), mais dans le piper cubeba, le P. lon- gum, etc.; dans quelques espèces, telles que les P. carpunya et P. heterophyllum du Pérou, les feuilles elles-mêmes participent à ces propriétés stimulantes et stomachiques.
Parmi les orties proprement dites, nous ne trouverons aucun fruit mangeable, parce qu'ils ne sont nullement charnus: leurs graines sont un peu oléagineuses; leur herbe est le plus souvent amere, comme on le voit à un haut degré dans le houblon, et comme on le retrouve dans le datisca, et même dans le chanvre; dans ce der- nier genre la décoction de la plante fournit un suc éminemment narcotique. Toutes ces plantes servent d’aliment à l’homme et aux animaux dans leur jeunesse, comme on le voit dans le houblon et lortie.
Le seul trait de ressemblante entre les divers genres des urticées, est la texture de leur écorce qui permet d’en fabriquer du fil et du papier; ainsi, on se sert dans divers pays, à la place de notre chan- vre, du cannabis indica, du houblon, de lortie, de Parbre à pain: on fait du papier, non-seulement avec le mürier à papier, mais
(1) Dorstenia drakena Zin., D. contrayerva Zan., et D. houstoni Zin. (2) Dorstenia brasiliensis, Lam.
(3) Piper aromaticum. Lam.— P. nigrum. Lin.
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