C3) due en partie la supériorité des plantes cueillies sur les montagnes d'avec les mêmes espèces récoltées dans les plaines. Cette différence est due encore à une seconde cause qui modifie puissamment les produits des végétaux; je veux parler ici de la plus ou moins grande quantité de lumière dont ils sont frappés.
Le soleil influe sur les propriétés des. plantes, par sa chaleur, qui en dégage l'humidité surabondante, et par sa lumière, qui favorise la combinaison du carbone: la réunion de ces deux effets tend tou- jours à exalter les propriétés des plantes; d’où résulte deux faits en apparence contraires: si les plantes d’une famille sont douées de pro- priétés qui exigent la combinaison parfaite des matières élémentaires, telles que les ombellifères, on les trouve d’autant plus utiles, qu’elles croissent plus exposées au soleil: si, au contraire, les sucs d’une autre famille tendent à former des composés amers ou nuisibles par leur âcreté, on empêche ces sucs d'atteindre à leur perfection, soit en employant les plantes dans leur première Jeunesse, comme on le fait pour la famille des asparagées et des chicoracées, soit en prolon- geant, pour ainsi dire, cette jeunesse, par la privation de la lumiere ou létiolement; c’est ce qui arrive pour plusieurs chicoracées et Cy- narocéphales. Je saisis cette occasion de faire remarquer comment, dans certains cas, la théorie des familles naturelles vient au secours de la physique végétale, pour expliquer certaines anomalies appa- rentes produites par un même agent.
Indépendamment de l'influence du sol et de Ia lumière, on peut encore observer que l’âge même de la plante influe sur ses pro- priétés aussi bien que l’époque à laquelle on en fait la récolte: ainsi le colchique est beaucoup plus dangereux au printemps qu'à l’au- tomne; ainsi les fruits jouissent de propriétés bien différentes, selon que leur maturité est plus ou moins avancée. Ces sources d’erreurs sont si frappantes, qu'il suffit de les énoncer ici.
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