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Essai sur les propriétés médicales des plantes, comparées avec leurs formes extérieures et leur classification naturelle / par A. P. Decandolle
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C9) que la structure des organes nutritifs ne soit la véritable cause de.la nature des produits, lorsqu'on voit que si dans le même sol sous un vase fermé qui renferme une quantité d'air suffisante, on sème deux graines, l'une de millepertuis, et lautre dortie, au bout de quelques jours la premiere développera deux feuilles criblées de petites glandes remplies d'huile essentielle, tandis que la seconde portera de petits tubercules pleins dune liqueur caustique.. Peut-on révoquer en doute l'influence de la structure des organes nutritifs, lorsqu'on voit les diverses parties dun végétal ou dun animal ren- fermer des suc$ diversement élaborés, doués de propriétés particu- lières, et cependant tous tirés primitivement de[a même sève ou du même chyle? Cette influence est tellement manifeste par la diver- sité des, produits, que même dans les cas nous napercevons au- cune différence dans les organes, nous regardons cependant comme prouvé qu'il en existe, lorsque nous en voyons dans les résultats:

Mais, me dira-t-on, puisque cest la structure des organes de la nu- trition qui détermine la nature des produits dun être organisé, cest donc uniquement dans ces organes nutritifs quon doit thétche} les principes dune classificatian PA: On a Suivi cette marche dans

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la Zoologie, elle a conduit à une classification qui paraît conforme

à la nature; mais dans le règne végétal, on a pris les organes de la reproduction pour bases de la classification, et conséquemment

la nature des produits. végétaux n'a aucun rapport nécessaire avec

leur classification.

Cette objection est trop importante, elle tient de trop pres aux principes de la vraie Botanique, elle reviendrait trop souvent dans le cours de ce travail, pour que je ne me hâte pas dy répondre aussi complètement que mes moyens me le permettront. Il est hors de mon sujet de démontrer ici, comme je crois qu'il est facile de le faire, que la différence qui se trouve dans la marche de la Zoologie et de la Botanique, nest point arbitraire, mais tient à la nature essentielle des animaux et des végétaux: on a, dans chaque règne, classer les êtres daprès la fonction dont les organes offraient le plus de va-

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