490 LES SECRETS
pâture, trois ou quatre cents bêtes à laine, peut, par cette méthode, en nourrir quatre fois plus; et chaque bête lui donnera un produit bien plus con- sidérable, parce qu’il en est des moutons comme de toute autre espèce de bétail: leur produit est en proportion de la nourriture qu’ils reçoivent.
D’ailleurs, il pourra, par ce moyen, entretenir des bêtes à laine fine, qui donnent bien plus de profit que les races communes, et qui peuvent bien difficilement se nourrir à la vaine pâture. Enfin Paugmentation de produits qu’il pourra tirer de toutes ses terres, par l’effet d’une meilleure culture, qu’il peut introduire, à la suite de la suppression de la vaine pâture, sera vingt fois plus considérable que la dépense qu’entrainera cette méthode, pour la nourriture de ses troupeaux.
Il est bien certain que, par ce moyen, on pour- rait produire, en France; une quantité de laine in- finiment plus considérable que celle qu’on produit aujourd’hui. Quant aux communes qui ne possèdent pas de pâturages, où toutes les terres sont divisées en très-petites portions; où les fermes ne présen- tent pas de pièces assez étendues pour pouvoir les consacrer à la pâture des bêtes à laine, ce n’est pas là qu’il faut en élever; car là, on ne pourrait le faire que par le moyen de la vaine pâture, et par- tout où un troupeau de moutons est entretenu par
ce moyen, il y est plus funeste que la grêle, ou un


