DE J.-N. BENOIT. 491 régiment de cosaques; chaque livre de laine qu’on tond sur le dos de ces moutons, coûte cent francs à la commune qui les entretient; l’anéantissement des produits de cent jours de terre, la misère de vingt familles, voilà le prix de chaque pièce de drép qu’on fabrique avec cette laine.
La conversation en était là, lorsque le cousin s’aperçut que la nuit s’approchait; il partit, en disant qu’il allait être bien grondé de sa femme, pour être rentré si tard.
Quant à moi, je me retirai chez moi pour trans- crire cette conversation, pendant qu’elle était en- core bien présente à ma mémoire. Si j’y ai changé quelques mots, je suis bien sûr at moins d’en avoir scrupuleusement conservé le sens. Avant de la pu- blier, je V’ai fait voir à Benoît, qui m'a indiqué quelques changemens à y faire. Il était d’abord fort mécontent de l’idée que j'avais eue de la faire im- primer; je lui ai fait comprendre cependant que cela pourrait être utile, en répandant la connais- sance des procédés de culture qui lui avaient si bien réussi. Il a exigé, toutefois, que je ne fisse pas connaître le nom de la commune qu’il habite, craignant que cela ne lui attirât des visites, qui l’auraient gêné dans la retraite qui est conforme à ses goûts. C’est par ce motif, que je ne mets pas le lecteur à portée de faire une connaïsssance plus
particulière avec ce brave homme.


