DE J.-N. BENOIT. 489 prendre l’exercice qui est nécessaire à leur santé, rien n’empêche qu’on leur donne le surplus, soit à la bergerie, soit dans des parcs mobiles, établis à portée des terres sur lesquelles on récolte cette nourriture. Il y a certaines plantes, comme le trèfle et.la luzerne, qu’on ne pourrait donner en vert de cette manière qu’avec beaucoup de précaution, à cause des dangers de l’enflure; avec des soins, on peut cependant les leur faire manger aussi bien qu’aux vaches, pour lesquelles elles ont le même danger. Je l’ai vu pratiquer, sans qu’il en résultât aucun inconvénient. D'ailleurs, il ya tant de plantes avec lesquelles on ne courrait pas ce risque, et qu’on pourrait cultiver pour cet usage!
Le plus grand inconvénient de cette manière de nourrir les moutons, ce sont les frais qu’entraînent le fauchage et le transport des récoltes vertes, lors- qu’on ne peut pas Les faire consommer dans le champ même; ce qui, au reste, est presque toujours facile. Mais si on compare cette dépense aux avantages qui résulteraient de cette méthode, non-seulement pour l'amélioration de la culture des terres, mais aussi pour le profit qu’on peut retirer des bêtes à laine, on verra qu’il n’y a pas à hésiter un instant. Tel propriétaire, qui possède quelques grandes pièces de terres propres à être converties en prai- ries artificielles destinées à être pâturées, qui en-
tretient misérablement aujourd’hui, par la vaine


