DE J.-N. BENOIT. 485 qu’il rapportera trois francs par tête de profit, ce qui est beaucoup. pour des bêtes à laine nourries à la vaine pâture, présentera un revenu de quinze cents francs, c’est-à-dire, la centième partie de la diminution qu’aura éprouvée le produit de la cul- ture des terres.
Cependant le propriétaire de ce troupeau, sur- tout si c’est un homme qui se contente d’un mo- dique revenu, pourvu qu’il soit obtenu sans peines et sans soins, trouvera que ce serait un grand sa- crifice pour lui que de renoncer à ce profit. Il ne manquera pas de mettre en avant, en faveur de ses moutons, l'intérêt général, les besoins de l’indus- trie et des manufactures, qui ne peuvent se passer de laine. Comme, souvent, les propriétaires de troupeaux de bêtes à laine habitent les villes, et parlent bien plus haut que les laboureurs, peut- être celui-ci parviendra-t-il à persuader qu’il est de l’intérét'de tout le monde, que chacun fasse le sacrifice de trois quarts de son revenu, pour lui procürer, à lui, propriétaire du troupeau, un pro- duit bien chétif, en comparaison de la perte qu'il occasionne, mais qui est commode à percevoir.
Le cousin. Tout cela peut être vrai pour les pays où la culture est portée au même degré de perfection que dans celui que vous prenez pour exemple; mais par-tout ailleurs, où le produit des
terres n’est réellement que très-faible, et où la


