484 LES SECRETS
Qu'on mette dans cette commune un troupeau de cinq cents bêtes blanches, pour y être nourries à la vaine pâture; pour qu’il puisse s’y entretenir, il faudrait commencer par changer entièrement le système de culture; car il n’y a rien à faire pour la pâture, dans un canton où chaque champ est cou- vert, tous les ans, de récoltes variées au gré de cha- que propriétaire; où la charrue marche toujours derrière la faucille, où on tient constamment les terres bien nettes de mauvaises herbes, et où on fait souvent deux récoltes sur le même champ dans une année. Il faudrait adopter le même système de
culture qu’on suit ici, ainsi que dans tous les pays
de vaine pature; c’est-à-dire, en venir aux ver- saines et renoncer aux prairies artificielles; car yous savez bien, comme moi, que par-tout où les propriétés sont très-divisées, comme elles le sont là,
la vaine pâture et les prairies artifielles ne peuvent
s’accorder ensemble. Voilà donc, par l'effet de la vaine pâture des moutons; les habitans de cette commune réduits à tirer, commeici, quatre à cinq francs de produit net de chaque jour de terre. En
osant même qu'à l’aide d’une meilleure char- 1
supp rue qu’ils possè de chaque jour de terre à dix francs, le revenu de duit à cinquante mille
dent, ils puissent porter le revenu
la commune se trouverait ré francs au lieu de deux cent mille. D’un autre côté,
le troupeau de cinq cents moutons, en calculant
+


