DE J.-N. BENOIT. 483 bénéfice. Nous sommes tous disposés à regarder comme fort importans Les bénéfices qui nous pro- fitent, et comme fort peu de chose les pertes qui retombent sur les autres.
Le cousin. La servitude dont vous me parlez est d’une barbarie révoltante; les lois devraient en faïre justice. Mais la vaine pâture des moutons est bien différente; ils ne gâtent rien, puisqu'ils wen- trent dans les terres qu'après la levée des récoltes.
Benoît. S'il y a ici de la différence, c’est que la vaine pâture des moutons, est beaucoup plus nui- sible aux terres en culture, que le cheval dont je viens de parler, re l’est à la prairie dans laquelie il pâture. Vous en conviendrez tout-à-l’heure avec moi. Pour cela, faisons d’abord une supposition: le territoire de la commune dans laquelle j’ai servi pendant plusieurs années en Flandre, comprend environ cinq mille jours de terre, mesure de ce pays-ci, et très-peu de prés, comme c’est l’ordi- naire dans ce canton. Ces terres sont cultivées avec le plse grand soin, et sont couvertes, tous les ans, de récoltes très-lucratives; outre les graïns et le srande
5 quantité; on n’y connaît pas même le mot de ver-
trèfle, le lin et le colza s’y culiivent en
saine. Chaque jour de terre y rapporte, au moins, chaque année, quarante francs de profit net; ainsi cela forme, dans la commune, un revenu de deux
cent mille francs au moins.


