DE J.-N. BENOIT. 479 d'immenses avantages: on n’y entretenait qu’un très-petit nombre de chevaux; mais il y avait tou- jours quatre-vingts vaches parfaitement bien nour- ries au râtelier. Dans le temps des labours, on fai- sait trois charrues attelées de deux vaches, outre deux charrues conduites par des chevaux. La jour- née de travail des charrues conduites par des vaches, était de douze heures; mais-on les changeait quatre fois, de sorte que chaque bête ne travaillait que trois heures par jour. Comme elles travaillaient toujours toutes dans la même pièce de terre, un jeune homme amenait les relais à l’heure fixe; c'était l’affaire d’un instant pour dételer et réatte- ler, il remmenait celles qui sortaient de l’ouvrage; on n’attelait jamais les mêmes vaches deux jours de suite. Il y avait du plaisir à voir deux vaches brillantes d’embonpoint et de vigueur, et plus fringantes que des chevaux, conduire la charrue avec une aisance qui prouvaitassez qu’elles n'étaient nullement fatiguées; il fallait marcher un bon pas pour les suivre. Elles portaient de beaux colliers bien élégans, et le garçon qui les conduisait était aussi fier que s’il'eût eu sous son fouet la plus belle paire de chevaux.
Pour la rentrée des récoltes, on attelait quatre vaches à un petit chariot, auquel on donnait la charge ordinaire de deux chevaux, et on les chan-
geait à chaque voyage, lorsque la distance était un


