LES SECRETS peut les entretenir d’une manière bien plus profi- table et plus économique.
Le cousin. Ce que vous me dites là me rappelle un fait auquel j'avais fait peu d’attention dans le le temps. Un oncle de ma femme, qui habite la commune de S......., à douze lieues d'ici, et qui a passé quelques jours chez nous, l’hiver dernier, me racontait que, dans son village, il n’était plus question de vaine pâture depuis dix ans. D’après le conseil du maire de la commune, dans lequel les habitans ont beaucoup de confiance, ils se sont décidés à renvoyer leur pâtre, et chacun nourrit ses bestiaux à l’écurie, avec du trèfle vert, du sain- foin, de la luzerne, etc.; il disait qu’ils s’en trou- vent fort bien. Ce qui m’a le plus étonné, c’est qu’il assure que les habitans les plus pauvres sont eux- mêmes fort satisfaits aujourd’hui de cet arrange- ment, quoique, dans le commencement, ils en eussent témoigné beaucoup de mécontentement. Celui qui n’a que deux ou trois jours de terre, les cultive, en pleine campagne, comme s'ils étaient dans un enclos, parce qu’il ne craint pas les dé- gâts des bestiaux; il les ensemence tous les ans; il y cultive non-seulement des fourrages pour sa vache, maïs des légumes de toute espèce, de sorte qu’ils en vendent beaucoup aux villages voisins. Celui qui n’a pas de terre du tout, en loue quel-
ques jours près des cultivateurs pour lesquels il


