468 LES SECRETS la diminution du travail des chevaux, lorsqu'ils vont en pâture. N
Le cousin. Je compte comme cela aussi; quand nos chevaux vont en pâture, on ne les attèle que six ou sept heures par jour, au lieu de dix; ils font environ les deux tiers d'ouvrage d’une journée complète.
Benoît. S'il y a un tiers de diminution sur l’ou- vrage, il faut donc entretenir un plus grand nombre de chevaux pour faire le même travail, d'autant plus que cette diminution a lieu pendant toute la belle saison, qui est celle des plus forts ouvrages. Le fermier dont nous parlons cultive avec six char- rues, il est donc clair qu’il ne lui en faudrait que quatre pour faire autant d'ouvrage, si ses chevaux n’allaient pas en pâture. Il en est de même de tous ses autres travaux; de sorte que s’il nourrissait à l’écurie, il économiserait l’entretien de vingt che- vaux pendant toute l’année; car les chevaux qu'il est forcé d’entretenir de trop pendant l'été, il faut bien les nourrir pendant l’hiver.
D'un autre côté, les chevaux, lorsqu'ils vont en pèture, ne font presque pas de fumier, car ils ne séjournent presque pas à l'écurie; et cependant le fumier est, après le travail, le seul profit qu’on tire des chevaux.
Voici donc, en récapitulation, ce que coûte à ce
fermier la nourriture de ses chevaux en pâture:


