DE J.-N. BENOIT. 465 d’autres pays. En général, il en est à-peu-près de même dans tous les cantons mal cultivés. Vous sentez bien qu’un tel état de choses accuse un vice capital dans la culture des terres; car si cette cul- ture ne rapporte pas de profit, elle est mauvaise par gela même. Au reste, je suis bien éloigné de dire, comme vous, qu’il faut écarter cette idée. Lorsqu'on reconnait un mal semblable, il faut au contraire s’yarrèter, l’approfondir, en chercher les causes, et tâcher d'y découvrir un remède. Une des principales causes de ce mal, c’est, comme vou$ venez de le dire, le grand nombre de chevaux que vous entretenez pour la culture des terres; c’est là le chancre qui ronge la fortune de tous vos culti- vateurs; tout passe à l’entretien des chevaux, et au bout de l'année, il ne reste plus de profit. C’est cela que je voulais vous faire sentir, lorsque je vous faisais voir tout-à-l’heure combien sont con- sidérables les frais d’entretien de chaque cheval. L’étendue de prés dont vos attelages consomment la récolte, doit vous faire juger si mon évaluation était exagérée, lorsque j’en portais l’entretien à trois cent cinquante francs par tête.
I faut distinguer le bétail en deux espèces: bétail de rente et bétail de travail; plus on entretient de bétail de la première espèce dans une exploitation, plus on en tire de profit. Au contraire, tout ce
qu’on entretient de bêtes de travail, de plus qu’il


