464 LES SECRETS
Au reste, je ne suis pas Le seul qui soit dans ce cas; On pourrait en dire presque autant de toutes les fermes de ce pays: Vous connaissez la belle ferme de M. P... à B....: son fermier exploite dix mille jours de terre et quatre cents fauchées de prés; il rend dix mille francs de canon; il nya pas d’année qu’il ne récolte du foin, au prix cou- rant, pour dix ou douze mille francs: il y a des années où on pourrait en tirer vingt ou vingt-cinq mille francs, si on le vendait tout; mais le fermier est obligé d’entretenir soixante chevaux pour la culture de ses terres, avec une trentaine de va- ches, cela consomme presque tout son foin, etila souvent bien de la peine à payer son canon, quoi- que ce soit un bon cultivateur; et qui travaille comme un esclave,
Cette fermé-là a une plus grande proportion de prés, par rapport aux terres, que beaucoup d’au- tres; mais, en général, il n’y a guère de ferme dans le département, où la valeur du foin qu’on récolte sur les prés, ne monte à-peu-près aussi haut que le loyer total des terres et des prés. Dites-moi donc quel profit rapportent les terres?
Benoft. Je suis fort aise que vous ayez fait vous-
’, er même cette réflexion; c’est une remarque que j'ai
faite aussi, lorsque je suis revenu dans ce pays-ci, 0. A 1 A et qui m'aurait frappé d’étonnement, de même que
vous, si je n’avais pas vu la même chose dans bien


