DE J.-N. BENOIT. 4Gr
Dans d’autres pays, comme ici, on n’a pas même l’idée qu’une charrue puisse marcher sans avant- train; on regarde les roues comme aussi néces- saires à une charrue qu’à une charrette. Dans ces pays-là, les charrues sont constamment attelées de quatre, six ou huit chevaux, dans les terres qui ne sont pas plus fortes que celles qu’on laboure ail- leurs avec deux chevaux attelés à une charrue sans avant-train. J’ai bien vu, il est vrai, des cantons en très-petit nombre, où on laboure souvent avec une charrue à avant-train attelée de deux chevaux; mais c’est dans des terres tellement légères, qu’une vache les labourerait avec une bonne charrue sans avant-train.
L'observation de tous ces faits m’a convaincu depuis long-temps qu’il y a dans l’avant-train une cause qui rend le labourage plus difficile. J'ai manié d’ailleurs pendant quarante ans des charrues de toutes les espèces, et dans des terres de toutes les natures; l'expérience m’a convaincu de l’augmen- tatio de force de tirage qui est occasionnée par l’avant-train, de manière que je regarde ce fait comme aussi bien démontré que quelque vérité que ce soit.
Le cousin. Cela me parait fort singulier. Cela fe- rait une grande économie pour nous, si nous pou- vions faire, avec deux chevaux, l'ouvrage que nous
faisons avec six,


