8 JANVIER.
pection et le tact. Il-y a bien peu de cas où un en- graisseur ne travaille pas avec un grand désavan- tage, sil ne fréquente pas lui-même les foires et marchés, pour acheteret vendre; à moins, toutefois, que cette spéculation ne soit menée assez en grand pour pouvoir payer largement un homme zélé et fidèle, qui possède parfaitement ces connaissances, chose toujours difficile à trouver.
Une balance destinée à peser les bestiaux en vie est d’une grande ressource pour celui qui n’a pas une très-longue habitude de juger du poids d’une bête en la fouchant; et le plus habile connaïsseur trou- vera même souvent qu’elle lui est fort utile. La plupart d’entre eux ne conviendront pas de cette vérité, et il est assez naturel, au reste, que lors- qu’un homme a passé une grande partie de sa vie à acquérir une justesse de tact qui lui offre de grands avantages dans les marchés qu’il peut faire, il re- çoive, avec une prévention défavorable, un moyen qui peut, dans beaucoup de cas, suppléer à cette connaissance pratique, et même la rectifier quel- quefois.
La balance nécessaire pour cela n’est pas une chose très-coûteuse: elle consiste en une espèce de cage assez grande pour qu’un bœuf puisse y entrer, et fermée par une porte à une de ses extrémités; à l’autre, on place un râtelier, dans lequel on met un
peu de foin pour déterminer la bête à y entrer.


