SUR LES MOUTONS A LONGUE LAINE. Gr des domaines très-étendus, se contente d’un faible revenu; le blé se fabrique donc à bien meilleur marché qu’en France.
A Odessa, le blé est à plus bas prix encore; la terre plus féconde sous une latitude plus élevée ne paie ni rentes n1 impôts; les cultivateurs accoutumés à une nourriture grossière ne recoivent aucune ré- tribution et dépensent peu en frais d'habitation et d’habillement sous le_ciel le plus beau.
La France placée dans des circonstances si con- traires, ne peut admettre la liberté de commerce; aussi a-t-on remarqué que le tarif trop bas des droits mis à l'importation a déja causé des pertes incalcu- lables à l’agriculteur, et, pour ainsi dire, la ruine de plusieurs départements. Il faut de toute nécessité réduire en France comme en Angleterre les impôts qui pèsent sur le sol, ou augmenter les droits d’im- portation, et n’admettre le blé étranger que lorsque le prix en France est beaucoup plus élevé que le maximum actuel déterminé par la loi.
Quant aux droits d'exportation, à moins de guerre ou de’circonstances extraordinaires, qui d’ailleurs ne peuvent agir sur tout le monde à la fois, la France doit désespérer de vendre du blé ou d’autres cé- réales au dehors, parce que le blé français trouvera sur tous les marchés ceux venant de Pologne, d’O- dessa, des États-Unis, dont le sol n’étant pas imposé, doit fournir des produits à beaucoup meilleur marché.
Ii est nécessaire sans doute de prévenir les di- settes et d'assurer l'importation du blé, lorsque la récolte a manqué; mais n'est-il pas à craindre qu’au heu de combler seulement le déficit, on n'importe


