SUR LES MOUTONS A LONGUE LAINE. S
dants, comme dans les Alpes et les Pyrénées, ont une charpente élevée, osseuse, très-forte; ils sont musculeux, vigoureux, s’engraissent tard, difficile- ment, en consommant beaucoup de nourriture; leur laine est, en général, longue, droite, brillante, jaune et grossière. Dans les plaines basses, les formes sont plus arrondies, les os plus petits; l'engraisse- ment commence plus tôt, s'obtient plus vite et à moins de frais. Plus les pâturages sont abondants, plus la laine est longue et grossière; plus ils sont secs et arides, plus elle devient courte et fine; plus ils sont humides sans être marécageux, plus elle est brillante; plus le climat est sombre et pluvieux, plus elle est blanche et douce. Quelques savants pré- tendent même que la latitude à une grande in- fluence sur la laine", qui se raccourcit et s’affine en allant du Nord au Midi.
Cette puissance irrésistible de la nature, qui im- prime à la longue, sur chaque race, le cachet du* lieu où elle a séjourné, loin d'etre une fatalité dé- courageante, devient pour l’agronome observateur une source intarissable de richesses.
1. Plusieurs écrivains célèbres ont soutenu que la latitude ne modifiait pas la laine, puisque celle des mérinos se maintenait très-fine sous tous les degrés; cependant on ne saurait discon- venir qu'il y a presque autant de variétés de laines mérinos que de troupeaux. Si l’on n’est arrivé à obtenir le perfectionnement des laines de cette race que par deux cents générations succes- sives, il est à présumer qu’elle ne peut dégénérer que dans une longue suite d'années, quelque certaine que soit Paction du gclimat et du sol.


