INLRODUCTION. XXII}
Les moutons à longue laine peuvent prospérer dans toutes les localités, en ajoutant dans les pays secs et arides le supplément de nourriture nécessaire: ils don- neront, pendant bien des années, des bénéfices doubles de ceux retirés même des mérinos. Il ne faut qu’un faible capital pour créer, en peu d'années, un beau troupeau de cette race, dont la toison, plus lourde et de quälité recherchée, se vend vingt francs, au lieu de douze francs, prix de celle des plus beaux métis et de la plupart des mérinos.
La réussite d’un troupeau de race précieuse ne de- mande que des fourrages abondants, un berger intel- ligent et un propriétaire éclairé. La surveillance en est facile, et les bénéfices dépassent ceux obtenus par toute autre entreprise agricole.
On remarque que, sur cent nouvelles fortunes con- sidérables qui se créent, quatre-vingt-dix sont acquises par les manufactures et le commerce: à peine dix sont obtenues par l’agriculture, et toujours par l'éducation des troupeaux. On observe de même que la culture n’est perfectionnée que dans les pays de fabrique; les pro- priétaires, la plupart négociants, exploitent leurs terres comme leurs ateliers, en avançant beaucoup de fonds, en choisissant les cultures et les plantes qui exigent le plus de travaux et de dépenses; ce que peu de fermiers peuvent tenter. Les consommateurs étant d’ailleurs près des producteurs, les propriétaires du sol ajoutent à la rente la valeur des frais de transport qui sont éco- nomises.
En comparant les prix des fermages payés par arpent dans les six départements les plus riches du royaume et
dans les autres, on reconnaît que la plupart des pra


