xxIV INTRODUCTION.
priétaires de quatre-vingts départements pourraient doubler leurs revenus par des améliorations faciles, promptes et certaines, et qui n'exigent d'autre avance qu'une année de revenus.
Nous considérons comme les plus essentielles, 1° lou- verture de nombreuses et très-larges allées dans les bois des particuliers, pour assurer la destruction des loups, et accroître et garantir de tout danger les pâturages des moutons; 2° la transformation des forêts en pares avec futaies et prairies; 3°la clôture, par des fossés et des haies, de toutes les propriétés même boisées; 4° la sup- pression de la vaine pâture; 5° l'irrigation, soit natu- relle, soit artificielle, au moyen des chutes d’eau; 6° l’é- ducation des races précieuses, et particulièrement des moutons à longue laine; 7° l'introduction de fabriques simples qui occupent les hommes pendant plusieurs mois, et les femmes et les enfants la plus grande partie de l’an- née.
Par ce mélange d’occupations agricoles et manufac- turières, la population des campagnes, obtenant chaque année des produits plus que doubles, paiera des fer- mages plus élevés, et jouira d’une aisance jusqu'ici inconnue. Un grand propriétaire doit donc chercher à enrichir les cultivateurs par un sentiment de généro- sité, où même par calcul, pour accroître ses revenus et sa fortune.
Telles sont encore la puissance de l'habitude, la timi- dité de l’inexpérience, la modicité des revenus, et la multiplicité des besoins factices, que peu de propriétai- res se montreront même assez confiants pour se met- tre à la tête des nouvelles entreprises, les seules cepen- dant profitables. 11 faut, pour vaincre cette inertie,


