10 ÉCONOMIE DE L'AGRICULTURE.
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culture, un capital de quatorze à quinze mille francs, et de davantage si ce cul- tivateur veut faire des bonifications extraordinaires, ou sil doit n'être pas ré- duit à vendre ses récoltes dans des moments défavorables.
Lorsque le cultivateur renonce à la culture qu'il avait entreprise, le capital qu'il y avait appliqué doit lui rentrer en entier, si du moins il avait été judi- cieusement employé.
On verra bientôt que, si l’on veut ou doit restreindre cette avance, il n’est pas possible de retirer du sol'une rente trés-avantageuse.|
Si l’on veut pousser la culture à un plus haut degré de prospérité, en aug- mentant la proporuon du bétail, il faudra encore augmenter le capital du chep- til, et même celui de lexploitauon; puisque une grande laiterie peut ne pas trouver à écouler ses produits au moment où il conviendrait de les réaliser en argent.
Si 1e
L'on doit restreindre les instruments et outils à ce qui est réellement nécessaire ou du moins très-utile. Un instrument est utile, 1.° lorsque la valeur de l'épargne qu'il procure dépasse, tant la dégradation insensible et l'intérêt de son capital, que les réparations que cet instrument exige; 2.° lorsque, outre cela, il exécute un travail au moins égal en bonté à celui qu’on eût fait sans cet instrument; en effet il pourrait se faire que, en éparguant un sur les frais du travail, on perdit deux sur la récolte, et alors l'instrument serait nuisible, au heu d’être pro- fiable. a
Au reste, il se pourrait aussi que ce qui, sous ce rapport, serail avantageux au culüvateur en particulier, fùt un mal pour la généralité. Ainsi, par exemple, dans un pays où les manouvriers seraient occupés pendant toute la durée de l'hiver, à battre des céréales ou à monder du riz, et où l’on n'aurait aucun autre moyen d’employer ces bras durant la saison où les travaux rustiques sont suspendus, il pourrait être désavantageux à la population qu’on établit des ma- chines à battre les grains et des pilons à riz.
En revanche, il est des cas où les machines peuvent procurer un bien général, sans en opérer un pour Ja personne qui en fait usage. Par exemple, si la main- d'œuvre était tellement coûteuse, que le supplément de travail qu'il faudrait pour ensemencer les terres au semoir, s’élevät en effet au-dessus de la valeur
de ce qu’on épargnerait en grain; il n’en serait pas moins désirable, pour la géné- ralité, qu’on employät le semoir, dans les années de disette, afin de conserver, pour la consommation, cette quantité de grain que lo semoir épargne sur celle qu'on sémerait à la volée.


